lundi 5 mai 2008

Plaisir de la désillusion.

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Il n'y avait rien à voir... sauf Nicole !



Du Wittgenstein, du Dumont, de l'anti-Nietzsche, de l'anti mauvaise Nouvelle Droite, le tout dans la bonne humeur - this is Chesterton ! Voici en tout cas un problème brillamment dissous - et donc une bonne chose de faite.

"De toute évidence, tirer notre idéal [politique] de principes de la nature ne vaudrait rien ; pour la bonne raison qu'il n'y a pas de principe dans la nature (sauf pour quelque théorie humaine ou divine). Par exemple le vulgaire antidémocrate d'aujourd'hui vous déclarera solennellement qu'il n'existe pas d'égalité dans la nature. Il a raison, mais il ne voit pas l'addendum logique de cette affirmation. Il n'y a pas d'égalité dans la nature ; il n'y a pas non plus d'inégalité dans la nature. L'inégalité, autant que l'égalité, implique une échelle des valeurs. Reconnaître une aristocratie dans l'anarchie des animaux est une preuve de sentimentalisme aussi grande que d'y reconnaître une démocratie. L'aristocratie et la démocratie sont toutes deux des idéaux humains. Selon celle-ci tous les hommes sont d'une égale valeur, selon celle-là certains hommes ont plus de valeur que d'autres. Mais la nature ne dit pas que les chats sont plus précieux que les souris ; la nature ne fait aucune remarque à ce sujet. Elle ne dit même pas que le chat soit digne d'envie ou la souris digne de pitié. Nous croyons le chat supérieur parce que nous avons - du moins beaucoup d'entre nous - une philosophie particulière selon laquelle la vie est meilleure que la mort. Mais si la souris était une souris allemande pessimiste, elle pourrait penser que le chat ne l'a pas vaincue du tout. Elle penserait qu'elle a vaincu le chat en allant dans la tombe la première. Ou elle se convaincrait d'avoir infligé un châtiment terrible au chat en lui laissant la vie. De même qu'un microbe peut se sentir fier de répandre un fléau, de même la souris pessimiste peut exulter à la pensée de renouveler chez le chat la torture de l'existence consciente. Tout dépend de la philosophie de la souris. Vous ne pouvez dire qu'il y a victoire ou supériorité dans la nature à moins d'avoir une doctrine sur ce qui fait les choses supérieures. Vous ne pouvez pas dire que le chat gagne à moins qu'il n'y ait un système pour marquer les points. Vous ne pouvez même pas dire que le chat a l'avantage à moins que vous ne sachez qu'il y a un avantage." (Orthodoxie, pp. 156-57, trad. légèrement modifiée)


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- souris, ma Nicole, c'est une bonne nouvelle...

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vendredi 24 mars 2006

Un peu de Muray.

Finalement, c'est la réalité qui se charge de rendre le meilleur des hommages possibles à la mémoire de Philippe Muray. La croquignolette histoire du conflit entre un "artiste" et des militants écologistes autour d'une "œuvre" composée de six robinets d'eau coulant pendant un an (!), ceci afin de dénoncer nos tendances au gâchis (!!), lui aurait certainement plu. Et j'ai pu voir hier une affiche promotionnelle d'un salon de la fête, ou quelque chose de ce genre, proposé par la Ville de Paris, laquelle affiche vantait l'intéressant concept de "teufeuse équitable" à propos d'une intervenante soutenant les fêtes typiquement africaines. Pauvre langue française, Delanoe tâche de sang intellectuelle, mon sida mental dans ton cul, salope.

Le site du Grece met en ligne un ancien article de présentation de l'œuvre de Muray, qui me semble une bonne introduction (avec tout de même une impasse sans doute pas innocente sur son catholicisme). L'auteur évite le péril qui menace désormais les textes de Muray, à savoir leur récupération par la tendance "réactionnaire", Finkielkraut-Taguieff (outre l'article de Taguieff déjà cité récemment, on peut consulter cette analyse). Il y a tout de même autre chose à faire avec ce qu'il a pu produire de mieux.

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