mercredi 1 octobre 2008

La parole est d'argent.

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(Et l'argent, ça eût payé, mais de nos jours et à l'avenir...)


"Pour prendre un exemple, notre civilisation traite le langage d'une façon qu'on pourrait qualifier d'immodérée : nous parlons à tout propos, tout prétexte nous est bon pour nous exprimer, interroger, commenter... Cette manière d'abuser du langage n'est pas universelle : elle n'est même pas fréquente. La plupart des cultures, que nous appelons primitives, usent du langage avec parcimonie ; on n'y parle pas n'importe quand et à propos de n'importe quoi. Les manifestations verbales y sont souvent limitées à des circonstances prescrites, en dehors desquelles on ménage ses mots."

- délicieux Lévi-Strauss ("Linguistique et anthropologie", 1952, repris dans Anthroplogie structurale, Plon, 1958, p. 78)...





A ce propos, on peut être chagriné de découvrir la suppression pure et simple du blog de Mauricette, notre chère jouvencelle, depuis quelques jours. Certains d'entre vous peuvent se joindre à moi pour, d'une part souhaiter qu'elle aille bien, d'autre part la prier de remettre le contenu de son site en ligne : si elle ne souhaite pas le prolonger plus avant, c'est son choix, comme dit l'autre, et M. Lévi-Strauss lui donne une motivation plus que respectable, mais cela n'est pas une raison pour retirer ce qui a été écrit.



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A la vôtre quand même ! (et vive la crise, bien sûr, mais en ce domaine, Lévi-Strauss ou pas, la réalité se passe de commentaires...)

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mardi 15 avril 2008

"Un malaise qui vient du fond de l’histoire américaine, un malaise qui était sans doute une partie de la substance de l’Amérique dès son origine..."

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"A quel moment, donc, faut-il à voir s’attendre surgir le danger [pour l’Amérique] ? Je réponds que, s’il doit nous atteindre un jour, il devra surgir de nous-mêmes. (...) Si la destruction devait un jour nous atteindre, nous devrions en être nous-mêmes les premiers et les ultimes artisans. En tant que nations d’hommes libres, nous devons éternellement survivre, ou mourir en nous suicidant."



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Alleluia !

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dimanche 20 janvier 2008

Viva Italia.

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Depuis des années je dois écrire un texte sur Sergio Leone, Jean-Pierre Melville, Jacques Demy et Valerio Zurlini, comme représentatifs, dans leur travail des années 60, chacun au sein d'un genre différent (western, polar, comédie musicale, mélo) d'un tournant maniériste qui fut aussi le chant du cygne stylistique de ces genres, avant que la triste réalité ne s'empare d'eux. Il peut paraître étonnant de classer comme "réalistes" les membres de la génération suivante, américaine (italo-américaine en l'occurrence) - Scorcese, de Palma, Coppola, Cimino, dont la sensibilité lyrique, ou "opératique", si l'on préfère, n'est pas un secret, mais il suffit de comparer Un flic et Mean Streets, séparés d'une seule année, pour voir ce que je veux dire.

Quelques acteurs et actrices communs, à la beauté parfois sublime, souvent figée, un sens presque dérisoire du hiératisme des corps, un mélange de solitude et de protection de soi par le travail en troupe, l'influence patente de grands anciens (le Visconti du Guépard, le Hitchcock de Vertigo à Marnie), le rôle de l'Italie là-dedans - Daney écrivait, à propos de Berlusconi, que l'Italie qui durant la Renaissance avait donné le tempo à l'occident, était peut-être en train d'inventer les formes dans lesquelles celui-ci allait se dissoudre : de ce point de vue le rapport au genre des cinéastes en question s'inscrirait dans une histoire plus large, à la fois en réalité italienne et américaine, via donc les italo-américains de la génération suivante.

Bref, en attendant de voir si j'explore un jour plus avant cette intuition, un petit échantillon, à la fois dramatique et carnavalesque, entre le western, la comédie et l'opéra...





"Bravo..."

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