lundi 13 juin 2005

Florence est libre !

Libre ! De bosser à Libération ! D'être l'employée de M. July ! L'esclave de M. Rothschild ! Bienvenue au pays !

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mardi 31 mai 2005

Serge July à l'échafaud ?

Le paradoxe dans toute cette affaire, c'est que peut-être, je dis bien peut-être, si quelques-uns des media dominants avaient fait campagne pour le non, le oui y aurait gagné des voix : sans doute l'effet de réaction au matraquage médiatique se serait-il avéré plus faible. En tout cas, c'est la conséquence logique du raisonnement selon lequel les Français ont en partie voté contre les donneurs de leçons et d'opinion.

Quant à Serge July... Laissons parler le maître : "A l'arrivée, un désastre général et une épidémie de populisme qui emportent tout sur leur passage, la construction européenne, l'élargissement, les élites, la régulation du libéralisme, le réformisme, l'internationalisme, même la générosité.(...) Les élites gouvernementales, les élites bruxelloises, les médias sans exception, et tous ceux qui plaidaient pour un système de décision autorisant l'émergence d'une Europe politique : ce sont des partisans de la France d'en haut, que la France d'en bas entend évidemment corriger, sinon raccourcir." Passons sur la "générosité" : cette allusion contre-révolutionnaire surgie de nulle part révèle crûment l'imaginaire qui est maintenant celui de M. July : quelque part entre Taine et Maurras !

Personne à ma connaissance, pas même moi, ne pensait sérieusement à étêter le July, mais s'il le demande... Pourquoi n'offre-t-il pas son chef comme monnaie d'échange à ceux qui ont enlevé Mme Aubenas, s'il tient tant que cela à s'en débarrasser ? - car bien sûr, cet éditorial hallucinant appelé "Chef-d'œuvre masochiste" est lui-même un aveu de masochisme, un ramassis de fantasmes et de culpabilité qui évoque plus le Journal d'une femme de chambre qu'une analyse politique. A côté de cela, le Figaro d'hier, bien que peu enchanté par le non, était d'une placidité exemplaire, voire même plutôt content : exit Chirac, vive Sarkozy, les choses sont claires, on sait pour qui rouler désormais. Quand on est juste un salaud comme M. Slama, et pas un renégat comme M. July, on a plus de repères, on panique moins à chaque coup de grisou.

Bref, il semble que si d'aventure un excité pratiquait une décollation sur Serge July, il pourrait de bonne foi plaider l'euthanasie. Mais je dois manquer de "générosité."

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vendredi 25 mars 2005

De la servitude admise.

Quelques réactions épidermiques à deux "choses vues" à la télévision.

L'autre soir, à l'émission 90 minutes, reportage sur des jeunes islamistes dont certains sont partis en Irak. Ce qui fut amusant, outre un regard sur "l'est parisien" où il n'est pas difficile de déceler, chez ces journalistes progressistes et incorruptibles, des connotations très XIXe siècle, ce qui fut amusant, donc, ce sont les présupposés aveuglants des auteurs du reportage.

Il se trouve que ceux-ci avaient rencontré, lors d'une manifestation contre la loi sur le voile, quelques jeunes hommes (majeurs) "islamistes", qu'ils les avaient alors interviewés ; que parmi ceux-ci plusieurs sont actuellement en Irak au côté des résistants, et que d'autres ont été arrêtés juste avant leur départ. Pourquoi ont-ils été arrêtés par la police française alors qu'ils partaient vers la Syrie (d'où ils seraient passés en Irak) et qu'ils n'avaient apparemment commis aucun acte répréhensible sur le sol français, voilà un mystère juridique intéressant, que non seulement le reportage n'éclaire pas, mais qu'il n'évoque même pas. Faut-il en conclure qu'il est considéré normal que la police française fasse, en France, le travail de l'armée américaine ?

Concernant ceux qui sont partis, et notamment leur meneur, leur "gourou" (dixit 90 minutes), on notera que jamais les journalistes ne considèrent leur comportement comme rationnel. Qu'ils prennent parti pour une cause, qu'ils s'engagent jusqu'à y risquer leur peau doit évidemment sembler fanatique, se rapporte évidemment à une "manipulation" aux yeux de gens pour qui le summum de l'action politique semble être de se "solidariser" (depuis Paris) avec Florence Aubenas. Mais s'ils sont si solidaires, qu'ils aillent donc la sauver !

Ces jeunes gens, de leur point de vue, n'agissent pas autrement que les participants aux Brigades internationales. Sans doute faut-il en conclure que les journalistes de 90 minutes auraient en leur temps dénoncé Orwell, Hemingway, Malraux... Je pousse le bouchon, d'accord, mais devant une telle naïveté dans l'exposition de ses a priori, comment ne pas exagérer à son tour ? Que les parents d'un des jeunes partis en Irak soient inquiets et cherche dans une "manipulation" la raison du comportement de leur petit, je veux bien ; que des journalistes, par ailleurs certainement "contre" l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis, épousent le même discours...

L'autre "chose vue" : ce matin, un titre du journal sur Canal + nous annonce que les Etats-Unis et l'Onu, dans cet ordre, sont au chevet du Kirghizistan, où une "nouvelle révolution" (la journaliste semblait blasée par toutes ces révolutions, et pour le coup on ne lui donnera pas nécessairement tort) est en train d'avoir lieu. Même en faisant l'hypothèse que les Etats-Unis ne sont pour rien dans cette révolution qui secoue un pays justement coincé entre la Russie et la Chine, et ceci alors qu'on connaît un peu leur rôle récent en Ukraine, même donc en faisant cette hypothèse, on a du mal à trouver normal que les journalistes trouvent normal qu'ils soient au chevet de tous les pays où il se passe quelque chose (à l'exception de la Corée du Nord, bien sûr). Allez, je me tais.

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mercredi 9 mars 2005

Nouvelle tentative auprès de M. Schneidermann.

Copie d'une lettre envoyée ce jour à "Arrêt sur images" :

"Oui, bonjour, j'ai bien aimé votre dernière émission,
mais j'avoue n'avoir pas pu m'empêcher de me demander pourquoi vous n'avez pas invité, tout simplement, M. Dieudonné.

Je veux bien admettre qu'à l'entendre il n'y connaît pas grand-chose en traite des noirs, j'admets tout autant que l'homme ne faisant pas toujours dans la nuance, l'inviter ne présage pas d'une émission, ni sans doute d'un accueil critique, de tout repos.

Reste que, confronté à un historien qui connaisse bien les traites négrières et, pourquoi pas, à un historien du judaïsme qui ne fasse pas systématiquement dans l'apologétique, on aurait enfin pu voir si M. Dieudonné a des choses à dire ou non : au moins ne pourrait-il plus se poser en victime des medias.

Ce genre de choses est toujours facile à écrire depuis son fauteuil, mais il me semble que le pari eût pu être tenté et qu'à coup sûr la démocratie n'y eût pas risqué d'y perdre grand-chose.



PS : à propos des images de Florence Aubenas, oserais-je me montrer surpris qu'une émission comme la vôtre ait peur de certaines images, ou ne croie pas qu'un commentaire approprié puisse désamorcer l'éventuel piège qu'elles recèlent ? J'avoue en être resté pantois."

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mercredi 2 mars 2005

La vie serait moins drôle sans Didier Julia.

M.-E. Nabe n'a sans doute pas tort d'écrire que la réalité est devenue ces derniers temps nettement plus palpitante, émouvante et drôle que les films de fiction. Le retour de Didier Julia par l'intermédiaire de "l'appel de Florence", comme dit Libération (qui ne semble pas se rendre compte que cette dénomination est un peu ridicule) fait partie de ces canulars dont l'actualité récente a le secret. Les kidnappeurs de Mme Aubenas ne sont probablement pas des anges, mais ils ne manquent pas d'un certain sens de l'humour : il n'est pas difficile de les imaginer rigoler ensemble du bon coup qu'ils ont fait à la France, de la perplexité dans laquelle ils ont plongé ses hommes politiques et médiatiques...

Certes nous ne savons pas tout, et le moins que l'on puisse dire est que les circonvolutions des rédacteurs de Libération ce matin, qui ne savent pas manifestement pas tout non plus, mais néanmoins bien plus que ce qu'ils veulent bien nous dire, mériteront peut-être dans le futur une analyse rhétorique serrée.

Je change de sujet - une petit note en passant, là encore avec une semaine de retard. Je n'avais pas grand-chose de personnel contre le gentil pédophile de droite Gérard Jugnot, mais voilà que non seulement il ose faire un remake de Boudu sauvé des eaux, mais qu'il nous explique sans rire qu'il n'aurait pas osé faire de même pour La règle du jeu et La grande illusion, tandis que Boudu n'est qu'un Renoir "mineur"... Outre la révérence académique et toujours quelque peu mortifère devant les chefs-d'œuvre consacrés, un tel aplomb, une telle morgue dans la bêtise laissent pantois. M. Jugnot ajoute que de toute manière c'est Michel Simon qui avait tout décidé. Mais en admettant même que ce soit vrai - ça ne l'est évidemment pas, et s'il connaissait son Renoir aussi bien qu'il le laisse supposer, il ne proférerait pas une telle ânerie -, qu'est-ce que cela changerait ? La moindre seconde de jeu de Michel Simon - déjà profané par Villeret et Jean Becker dans un remake de La poison - est un grand moment de cinéma, voilà bien l'un des rares acteurs qui par son génie est aussi metteur en scène - ce qu'un comédien expérimenté et quelque peu talentueux devrait être à même de sentir.

Je laisserais bien à Gérard Jugnot le bénéfice du doute, sur le thème "il a fait une déclaration comme ça, il ne savait pas quoi dire sur l'instant..." - mais il a passé des mois à refaire un film qui ne lui avait rien demandé, qui vivait très bien dans nos mémoires... C'est donc qu'il est aussi stupide que prétentieux. Dommage.

De là à dire que Didier Julia, c'est Boudu...

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