dimanche 16 novembre 2008

Mort à tout le monde.

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Le Net d'extrême-gauche, tendance Rezo, fourmille de textes plus ou moins contradictoires sur ces « autonomes » qui auraient fait du mal à nos belles lignes de train, les salauds. Parmi ces textes, celui de Claude Guillon a attiré mon attention. Je ne suis d'ordinaire pas très sensible à ce qu'écrit ce Monsieur, qui dans le temps souhaitait que tous ses compatriotes mâles se retrouvent l'anus aussi écarquillé que l'on peut supposer être le sien « propre », mais il a en l'occurrence raison de signaler - plus dans son titre que dans le contenu même de son texte - cette fascination des policiers pour les livres saisis chez les gens.


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Fascination des policiers ou des journalistes d'ailleurs, car si les premiers, tels des sauvages lévi-straussiens, sont par déformation professionnelle soucieux de ne jamais rien négliger, à l'affût de tout ce qui peut être signifiant, les seconds font un peu plus que privilégier, par réflexe de classe (au sens de catégorie socio-professionnelle ; au sens marxiste ; au sens de classe d'école : ces gens sont de « bons élèves » dans le pire sens de l'expression), l'écrit : ils dévoilent ainsi leur « propre » rapport à ce qu'ils lisent.


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Il suffirait d'avoir un livre chez soi pour, non seulement l'avoir lu, ce qui n'est déjà pas la règle, mais pour le connaître intimement, et surtout pour considérer son contenu comme une prescription. On serait non seulement influencé mais dirigé par ce qu'on a lu, par ce qu'on lit.


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Qu'il y ait des rapports entre la personnalité de tel ou tel et sa bibliothèque est une évidence, mais il est difficile d'aller beaucoup plus loin que cette platitude. Entre la curiosité intellectuelle, l'intérêt pour les beaux livres, les inspirations subites, la paresse à se débarrasser de livres qu'on n'a pas ouverts depuis quinze ans, les cadeaux malencontreux qu'on ne jette pas pour ne pas froisser le donateur, les restes des achats d'ordre scolaire, etc., il y a déjà beaucoup de raisons pour que l'on possède beaucoup de livres dont on n'a en réalité pas grand-chose à faire. Si en plus on a des intérêts variés, cela donne une bibliothèque pour le moins diverse - qui peut même contenir un livre de M. Claude Guillon.


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Entendons-nous : je n'ai aucune idée de la culpabilité ou non des « autonomes » dans ces histoires de sabotage, je ne cherche pas à les défendre ni à les attaquer, et la seule indication que j'aie pu avoir, venant de quelqu'un qui connaît (et admire) certaines des personnes arrêtées, est qu'elles peuvent très bien avoir fait le coup. Cela ne justifie pas pour autant la vision de la lecture telle qu'on peut la lire, justement, dans l'inconscient des journaputes : ces gens-là sont aux ordres du « fil AFP », ils en déduisent tout naturellement que les gens lisent comme eux, comme des papiers buvards.


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Ce qui soit dit en passant n'est pas très éloigné de l'inconscient de M. Sarkozy, tel qu'il se donne à voir dans les procès que contrairement à ces prédécesseurs il aime à intenter à ceux qui le traitent quelque peu vertement. En toute rigueur, un tel comportement est un aveu : non pas un aveu que les insultes que l'on peut proférer à l'encontre du Président de Neuilly sont justifiées, mais un aveu qu'elles ont une chance de l'être, qu'elles ne sont pas irréelles. Quelqu'un de plus sûr que lui que cette petite frappe de banlieue ouest n'aurait pas besoin de la justice (qui n'a que ça à faire, c'est bien connu, mais passons) pour démontrer l'inanité des insultes reçues. D'une certaine manière, notre président nous épargne du temps : nous n'avons plus besoin de l'accuser de saleté morale, de malhonnêteté, de lâcheté, etc. : par sa façon d'en référer à la justice, de surcroît contre des gens moins puissants que lui, il a lui-même donné crédit à ces jugements, il a lui-même admis que ces jugements pouvaient être vrais.


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Entre les deux cas, le journapute cireur-de-
pompes de base, et le président "je n'aime personne, je tringle qui je veux, elles sont trop contentes d'écarter les jambes pour moi - mais je veux qu'on m'aime !!", il y a des points communs, aussi bien dans le rapport aux institutions : la confiance aveugle en la police et la justice ; que dans une conception mécaniste des rapports humains : qui m'insulte est forcément indigne, qui lit, ou même seulement possède des livres hors-norme, est forcément lui-même hors-norme.

Cela rappelle les analyses de Bergson dans son ouvrage sur Le rire : l'hilarité naîtrait de la constatation du décalage entre la fluidité sans solution de continuité de la vie, et la raideur toute mécanique du comportement du personnage comique - avec cette dimension supplémentaire ici que les victimes du rire, le journaliste auxiliaire de la police et le président à gros ego, grosses talonnettes et toute petite bite - petite, forcément petite, aurait écrit Duras... - cherchent à faire partager aux autres leurs mécanisme primaire. Ach, leur mécanisme dans leur cul, et qu'on n'en parle plus.


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lundi 20 août 2007

Faurrisson encule Duras et Vidal-Naquet (ou ce qu'il en reste).

Vous comprendrez ce que signifie dans mon esprit ce titre en lisant ce texte d'Alain de Benoist, vieux de plus de dix ans. Si, sur la thèse, il ne vous apprendra rien - on peut même lui trouver, dans sa première partie, des relents debordiens un rien gênants, mais nous y reviendrons en temps utile -, sur la description de certaines pratiques, il est fort distrayant. D'autant que sa relative ancienneté permet de juger de l'évolution de certains depuis la parution de cette "Nouvelle Inquisition" - je pense notamment à l'hémorroïde stalino-sioniste Taguieff, dont le parcours fait irrésistiblement penser à ces gauchistes profitant des années passer à étudier le système capitaliste à fins de destruction, pour recycler ce savoir en se mettant au service dudit dystème. Le beurre n'a pas d'odeur !


"Un peuple va vers sa ruine quand les honnêtes gens n'ont plus qu'un courage inférieur à celui des individus malhonnêtes."



Signalons aussi cette série d'entretiens avec Robert Steuckers : 1ère partie ; 2ème partie ; 3ème partie. Si le personnage peut, à première vue, ne pas séduire plus que ça, ses informations sur la géopolitique ou la "Révolution conservatrice" ne sont pas dénuées d'intérêt.


Enfin, je souhaiterais vous soumettre un dilemme moral. Je reviens d'un pays scandinave où la moyenne bourgeoisie (c'est-à-dire la petite bourgeoisie aisée) est triomphante, c'est parfaitement étouffant, et je me demandais qui était le plus méprisable, du bourgeois qui a réussi et vous impose de façon ostentatoire un luxe qui n'a même pas la démesure pour excuse et qui n'a guère que le confort du (gros) cul dudit bourgeois comme justification ; ou du petit-bourgeois-qui-veut-devenir-moyen, qui rame et s'endette pour se payer le même écran plasma que son voisin, pour y regarder les mêmes merdes que lui. Les deux sont détestables, mais y a-t-il une différence à faire ? Je n'arrive pas à décider.

Allah vous bénisse !

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lundi 13 août 2007

Où sont les femmes...

Chez Bergman, dans le temps, et un peu comme le "jeune Godard" on a pu avoir l'impression de les y découvrir.


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Godard "croyait que le cinéma serait éternel parce que lui se croyait éternel au début. C'est un sentiment bien humain que d'espérer que son art meure avec soi, qu'on soit le dernier de son art. Voilà une présomption qui ne peut toucher l'écrivain : moi je suis sûr que la littérature continuera après moi. C'est ce qui a pu faire croire que le cinéma, comme le jazz toujours, étaient des arts mineurs. Quelle chance pour Godard de se penser fermeur du cinéma, gentleman-fermeur ! De fermeur à tueur il n'y a qu'un coup de feu. Pour Dominique de Roux, qui espérait beaucoup en Godard, c'est bien le tueur du cinéma. Dominique disait encore plus justement : "Le ver est dans son propre fruit." C'est assez bien vu. A force d'avoir voulu détruire le cinéma, le cinéma est mort, alors on assiste aux larmes sincères et désolées, regardez-le bien : il a tout à fait l'attitude du gosse penaud qui a cassé son jouet. "Je ne voulais pas la mort du cinéma !" Trop tard...


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Tout ce qui lui reste à faire c'est de recoller les morceaux. Ce sont les derniers films de Godard. Réussis une fois sur deux." (M.-E. Nabe, 1989)

"Je me retrouve à parler de Godard alors que ça devrait être le contraire ! Avec son snobisme, c'est impossible. C'est justement ce qui va mal : les jeunes artistes sont obligés d'y aller de leurs petites dettes envers les "maîtres" qui ont proclamé en leur temps l'iconoclastie !


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Que Godard ne me connaisse pas est dommage pour la culture française d'aujourd'hui ! Qu'il ne nous fasse pas ensuite le coup de la communication. Il est toujours à se plaindre que les gens ne se parlent pas, mais avec sa peur méprisante il préfère aller s'humilier devant "Marguerite", selon les rites de sa classe, bâiller devant la grande soeur maternaliste qui sait tout. Il a tellement peur de l'écriture ! Il est si complexé par ça ! Tant pis pour lui. Il croit que ça suffit de prendre les Rita Mitsouko, sans les utiliser, dans son dernier film pour être à jour avec notre époque et en même temps il va se réchauffer dans les jupes de la ringardissime Duras.

Laissons-les se branler ! Godard - l'oeuvre de Godard - vaut mieux que ça, mais il ne le sait pas."


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Le maître et l'héritier faisant le paon devant l'art dubitatif ?


"Mon drame, c'est que j'ai toujours tout osé dire aux femmes. D'où vestes et camouflets. Mais aussi bonnes surprises et même - disons-le, extases. J'ai osé leur dire qu'elles manquaient principalement de panache et que les trente années de féminisme "libérateur" qu'elles venaient de vivre les avaient encagées plus encore que les deux mille ans de machisme précédents. En leur donnant ce qu'elles croyaient vouloir (une femme sait-elle vraiment ce qu'elle veut ?), on leur a enlevé le désir de tout. Les hommes, culpabilisés, se trouvent face à des multitudes d'infibulées de la passion, des excisées du délire d'aimer, toujours plus revêches et frustrées. J'ai osé leur dire qu'elles puaient l'impuissance et que, à force de jouer aux pimbêches bêcheuses, les femmes allaient finir à la casse comme de vieilles voitures fatiguées. A qui la faute ? A la psychanalyse d'abord, à la féminisation des abrutis qui leur servent d'hommes ensuite. C'est-à-dire à tous ceux qui n'osent plus dire que la plupart d'entre elles, par idéologisation de leur sexualité, ont renoncé à jouir et surtout à faire jouir. Pour moi, les seules femmes respectables aujourd'hui plus que jamais, sont les putains. Je les aime toutes comme des saintes et je suis leur ange gardien. Il n'y a plus qu'en elles que résident un espoir, une délivrance, un sens de la tragédie qui revilisera les hommes s'ils ont encore l'honnêteté d'aller vers elles. Je prépare un livre sur les femmes, sorte d'écrin pulpeux dont l'apologie de la prostitution sera le bjou, quelque chose comme le clitoris précieux d'un sexe en voie de disparition." (M.-E. Nabe, "La femme est un con", 1998)


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"La France d’avant 14 et d’après 14, c’est différent. Avant 14, c’est des somnambules, après c’est des analystes. Alors ils tombent dans la série Sartre, Camus… Ils croient qu’il vaut mieux “ penser ” ! Tandis qu’en 14, il y avait un devoir, et on le faisait. (…) Il y avait la vertu. Les femmes étaient vertueuses, les hommes étaient braves et travailleurs. Sans ça, c’étaient des monstres. Il y avait la putain, il y avait le bordel, on l’a supprimé aujourd’hui… (...) “ La civilisation de l’Europe tient sur un trépied : un pied c’est le bistrot, l’autre l’église et le troisième le bordel ! ” Evidemment, un trépied, ça tient ! On a supprimé le bordel, maintenant tout tombe ! (…) Il n’y a pas de bordel ! Comme ça on ne respecte plus nos femmes, nos filles…" (L.-F. Céline, 1957 ; la phrase en italiques est attribuée par lui à des amis sud-américains.)


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