dimanche 12 août 2012

Le café du commerce s'efforce de payer ses dettes. (Érotique de la crise du monde moderne, III.)





Érotique de la crise du monde moderne, I.


Érotique de la crise du monde moderne, II.



Faut-il pleurer, faut-il en rire, mais tous les gauchistes pacifistes européens qui s'excitent sur le sort des déplorables "Pussy riot" sont en train de faire le jeu des enculistes et va-t-en guerre occidentaux, ceci à l'encontre d'une nation sans laquelle non seulement il y aurait certainement eu plus de morts en Syrie que ce n'est actuellement le cas [1], mais qui est peut-être celle qui fait actuellement le plus pour "la paix dans le monde".

- Je mets des guillemets parce que Poutine n'est certes pas pacifiste : il se contente d'essayer d'éviter que la logique des guerres impérialistes capitalistes - eh oui, les vieux mots resservent, mais il n'y en a guère de plus adaptés - n'emporte tout sur son passage : la Syrie, puis l'Iran, puis... mais à ce moment-là ça sera déjà la troisième guerre mondiale, la guerre précisément dont finalement le maintien au pouvoir en Syrie d'Assad (ou de son régime) nous protégerait - au moins momentanément.

Il faut en pleurer et en rire, finalement, parce que le spectacle de ces crétins pacifistes que leur absence d'intelligence entraîne à se mettre objectivement au service des capitalistes que par ailleurs ils disent détester, parce que ce spectacle, s'il risque d'avoir des conséquences sinistres, ne peut que réjouir un amateur de paradoxes tel que votre serviteur, lequel reste par ailleurs admiratif de la chutzpah et du machiavélisme des enculistes occidentaux dans cette affaire.

Et puis, symboliquement, cette histoire de vagin, c'est génial. Utiliser le féminisme occidental pour s'en prendre à Poutine, la tactique est amusante, efficace jusqu'à un certain point (les féministes de gauche anti-américaines tombent dans le panneau et jouent le rôle qu'Uncle Sam leur demandent de jouer) mais somme toute classique. Trouver comme étendard "Pussy riot", cela hausse presque le stratagème géopolitique au rang d'agression métaphysique. C'est un slogan qui peut se prétendre égalitaire mais qui dans le contexte actuel s'apparente à un aveu de haine, pourquoi pas, et surtout, surtout, à l'expression d'une volonté de puissance. A l'expansionnisme militaire américain correspondait l'expansionnisme spirituel de l'enculisme, voilà que s'y ajoute officiellement et explicitement l'expansionnisme métaphysique du féminisme occidental. Il n'y a pas besoin d'être un strict traditionnaliste pour être frappé par cette alliance de forces déstabilisantes, capitalisme d'un côté, féminisme de l'autre, à l'assaut





d'une nation, je réutilise ce terme pour insister sur sa portée spirituelle, particulièrement importante en l'occurrence, d'une nation dont on peut tout à fait critiquer certains aspects actuels, mais qui est un des derniers garde-fous contre l'Apocalypse. Poutine contre Satan ! Pris par derrière par les enculistes en même temps qu'attaqué aux couilles par les féministes, le vaillant colonel s'en tirera-t-il, sauvera-t-il de cette double offensive sa vertu comme sa bite ? Le phallus de Poutine peut-il sauver le monde, le phallus de Poutine peut-il sauver le Phallus comme concept ?

Je déconne, mais là est le double enjeu de la situation, et ce pourquoi cette histoire de "Pussy" me fascine. Le capitalisme a toujours voulu détruire tout ce qui était sur son passage, cela n'a pas changé depuis les célèbres phrases de Marx à ce sujet, et sur son passage il y avait, et il y a encore par endroits, un ordre notamment fondé sur la différence des sexes. Exactement ce contre quoi luttent nombre de féministes. Poutine n'a pas la vie facile, je suis désolé : il doit empêcher une guerre mondiale (sauf bien sûr à baisser les bras et à laisser la Russie se faire dépouiller une fois de plus, mais ça n'a pas l'air d'être le genre de la maison) et lutter contre la dissolution de toute différence dans une bouillie égalitaire homo-fadasse.

- Concernant ce dernier point, je ne dis pas que le colonel se formule ainsi la chose, et d'ailleurs il n'en a pas besoin, il se contente de lutter pour ce qui lui semble faire partie de ce qu'implique le fait d'être russe. Comme devrait le faire tout chef d'État. Mais Poutine se bat contre tout chacal pour la Russie, là où nos chefs ruinent l'État comme des chacals et se battent pour l'enculisme.

Et l'on en revient au point de départ : c'est l'agressé qui fait figure d'agresseur, dans ce monde occidental enchanté et binaire, où celui qui résiste est transformé illico en Croquemitaine, où le moindre défaut dans sa cuirasse lui est tenu pour crime ("Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton oeil, et alors tu verras comment ôter la paille de l'oeil de ton frère...", Matthieu, VII, 3-5). Poutine n'est certes pas parfait, mais, en plus de tout il faut qu'il nous protège de notre propre connerie ! C'est dans son intérêt, je veux bien, mais ça ne rend pas la chose plus facile.





Hier, c'était la Gay Pride en Islande - pays de naissance de ma femme, ce texte étant un prolongement de notre discussion sur les "Pussy riots", que bien sûr tous les bien-pensants d'Islande, homos ou pas, mais les bien-pensants de nos jours sont, métaphysiquement parlant, tous plus ou moins homos, ont cru important de soutenir, y compris le maire de Reykjavik, déguisé comme d'habitude en drag queen [2]. A la décharge des Islandais, je veux bien admettre qu'ils commencent à en avoir marre des manoeuvres récurrentes des Russes à leur endroit : avec le retour d'une bipolarisation du type de celle de la guerre froide, l'Islande redevient un enjeu stratégique d'importance. Mais évidemment, de mon point de vue, cela avait une autre signification, que je viens, donc, d'essayer d'expliquer.


- Il faudra en faire plus, je sais. Pour les conneries queer, d'une part vous voyez bien en quoi elles s'intègrent dans ce tableau, d'autre part Muray est déjà passé par là. Mais pour les distinctions de rigueur sur le féminisme, dont je n'ignore tout de même pas qu'il a différents visages, le patriarcat, la métaphysique des sexes, etc., il y a encore de quoi faire. - Tant du moins que le colonel me permet dans sa générosité et son humanisme d'avoir le temps d'y réfléchir...




(Art pédophilo-pompier occidental.)




(Art slave, un peu pompier quand même.)




(Art.)






[1]
Ainsi que l'écrit Jean-Pierre Voyer en réaction à une déclaration de l'épouvantable Hillary Clinton : "Satanée connasse qui prend les gens pour des cons : « la fin de l’effusion de sang » et « la fin du régime al Assad » sont contradictoires. La chute brutale du régime Assad signifie le passage immédiat de 20.000 morts à 500.000 morts. Les amères Loques ont fait leurs preuves depuis vingt ans. Ce scénario s’est répété au moins une dizaine de fois."



[2]
Dans la série "Ça vaut mieux que d'attraper la scarlatine...", et pour montrer que je suis un gentil garçon, je dois à l'honnêteté de signaler que, ma belle-soeur étant lesbienne, j'ai moi-même défilé à la Gay Pride islandaise, il y a deux ans, dans la section "Familles". Que Vladimir me pardonne !

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vendredi 6 avril 2012

Chanson française.

Certains « Français » (avec des guillemets parce que ce sont des couilles molles sans histoire) chuchotent au lieu de chanter, d'autres « Français » (avec des guillemets parce qu'ils n'ont pas grand-chose à faire de la France) éructent et hurlent au lieu de chanter. (Ce qui, évidemment, n'est pas sans évoquer certains rapports de force actuels, au moins dans la rue.) Certains enfin ne sont que des voices, le contenu, texte et musique, étant soumis à la pure performance vocale - de fait, américanisée.

Bref, la chanson française est occupée par des gens qui ne chantent pas. Dans le temps, au moins, les métèques, Montand, Aznavour, même Moreno ou le jeune Gainsbourg, chantaient.

(Petit trait de colère après une demi-heure passée au supermarché avec de la musique d'ambiance...)

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mercredi 14 mars 2012

L'amour physique est sans issue.

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Une parenthèse pour se divertir ce matin, avec une histoire dont j'ignore absolument si elle est vraie, mais qui circulait dans le milieu homo pendant les années 70 et dont je ne pense pas qu'elle figure dans le biopic consacré à l'intéressé, en salles aujourd'hui.

Tout le monde connaît la légende urbaine selon laquelle ce n'est pas en changeant une ampoule au sortir du bain mais en jouant imprudemment avec un vibromasseur que notre Clo-Clo national se serait électrocuté - la mort transforme la vie en destin, comme dit l'autre. L'historiette de ce jour est du même tonneau.

Or doncques, l'interprète de Belles belles belles aurait ce soir-là - Viens à la maison - fait monter un grand noir chez lui. Jusqu'ici, rien que de très normal, c'est Comme d'habitude. L'athlète nègre s'applique (Un peu d'amour, beaucoup de haine) à enfiler consciencieusement Le mal aimé.

Ça s'en va et ça revient, Serre-moi, griffe-moi, Je tiens un tigre par la queue, L'amour c'est comme ça, Vivre que c'est bon, etc., tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu'à ce qu'il s'avère que l'étalon, peut-être trop membré pour les capacités d'accueil du Chanteur malheureux, y a coincé son Jouet extraordinaire.

Rien à faire, impossible de bouger, impossible de sortir, Clo-Clo s'est refermé, le nègre est bloqué dans le couloir de la mort.

Si j'avais un marteau... Le tapin ne perd pas pour autant la tête, ramasse son François, et à bout de bras comme de bite l'entraîne dans la cuisine. Il commence à farfouiller dans le tiroir à couverts. Le Pantin sodomisé comprend ce qui passe par la tête de son esclave, essaie de l'en empêcher, Stop, au nom de l'amour !, mais l'autre ne s'en laisse pas compter, Tu as tes problèmes, moi j'ai les miens, et Tout éclate, tout explose, le couteau fait son oeuvre, l'anus du chanteur préféré des Français et de Gilles Deleuze est fendu juste ce qu'il faut pour que le prostitué retrouve sa liberté.

Claude François appelle les urgences au téléphone (J'attendrai...), rejoint Clopin Clopant son lit, sanglote, laisse ses Pleurs sur l'oreiller.

Plus qu'à l'amour la suite appartient à la médecine et à la couture, je m'arrête donc là.

- Évidemment, on pourrait faire plein de théories sur la double vie des stars, les médisances et le masochisme des pédés, l'hypocrisie de la France de Michel Drucker (et d'un autre pédéraste notoire, Serge Gainsbourg), etc. Voire même, et dans une autre optique, l'innocence de tout désir. - Mais est-ce bien l'heure de la théorie ?


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jeudi 23 février 2012

Smoke gets in your eyes... (Apologie de la race française, IV-3.)

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Apologie I.

Apologie II.

Apologie III.

Apologie IV-1.

Apologie IV-2.

Apologie V.

Apologie VI-1.

Apologie VI-2.


Dans la livraison « IV-2 » de cette Apologie, je citais Pierre Chaunu pour essayer de comprendre le pourquoi du sacrifice massif de la population française « par elle-même » durant la Grande guerre :

"A cette époque, la démocratie est couplée avec des valeurs holistes (c'est-à-dire des valeurs opposées à l'individualisme et renvoyant à des ensembles, couple, famille, communauté, nation, humanité), religieuses ou laïques, ces dernières étant des valeurs religieuses transposées. Même si elles sont par moments en veilleuse, elles permettent plus facilement le sacrifice de la vie lorsqu'une menace se présente."

Je commentais et m'efforçais ensuite de préciser cette idée.

Dans son dernier livre, L'avènement de la démocratie, III. A l'épreuve des totalitarismes 1914-1974 (Gallimard, 2010), Marcel Gauchet nous permet de faire un pas en avant dans cette logique. Ouvrons les guillemets :

"L'exaltation de la mort pour la patrie a une vénérable tradition derrière elle. (…) L'élément nouveau qui va modifier le sens et la portée du phénomène réside dans le passage au premier plan de la figure du sacrifice de soi. C'est cette appropriation personnelle qui va insuffler à la mort de masse un extraordinaire rayonnement symbolique. Ce qui se met à compter en priorité, dans le sacrifice, c'est sa qualité d'expérience individuelle, mieux, d'expérience où l'individu trouve sa propre mesure. Il acquiert le statut d'épreuve de vérité à l'aune de laquelle juger de sa condition d'individu. (…) On a affaire, désormais, à des êtres déliés, pourvus de la conscience de leurs droits, forts du sentiment de leur indépendance et de leur singularité, qui n'entendent pas se contenter de subir leur sort, mais qui ambitionnent de s'en rendre maîtres. Des êtres, en même temps, toujours suffisamment définis par l'appartenance, toujours suffisamment inscrits par toutes leurs fibres dans leur communauté pour ne pas pouvoir imaginer leur existence en dehors d'elle. De telle sorte qu'ils vont prendre sur eux l'obligation que leur communauté leur imposait auparavant de l'extérieur. Ils cessent d'être simplement les sacrifiés de la patrie en danger ; ils deviennent, aux yeux de tous aussi bien qu'à leurs propres yeux, ceux qui se sacrifient délibérément pour le salut de la patrie et qui trouvent, dans ce don d'eux-mêmes, là est le point crucial, la confirmation, l'accomplissement de leur existence d'individus. C'est dans l'auto-immolation à la communauté à laquelle elle doit sa consistance que la vie se découvre elle-même pour ce qu'elle est et devient pleinement individuelle. (…)

La force symbolique prodigieuse de cette figure tient à la double opération de fusion des opposés et de renversement du rapport habituel de ces opposés qui s'y concrétise. D'un côté, elle associe la primauté inconditionnelle du tout et la souveraineté de la partie, mais cela, de l'autre côté, en faisant dépendre la primauté du tout de la volonté des parties. Le sommet de la liberté individuelle réside dans l'identification de l'individu à la contrainte absolue de l'appartenance. L'individualisme, autrement dit, s'affirme au travers de l'assomption du holisme. Dans le miroir de cette expérience limite, l'individu moderne, détaché, hautement conscient de sa possession de lui-même et de sa singularité, renoue avec une très ancienne expérience, de la fidélité, de l'obéissance, du service, de l'adhésion au groupe et sa règle, mais dans un cadre qui en modifie radicalement le sens et la teneur intime. Elle était une confirmation de la place, et par conséquent, de l'identité, de chacun, en fonction de la soumission à un ordre émanant de l'autre monde. Elle devient quelque chose comme une expérience mystique profane - mystique, puisqu'elle est une expérience du dépassement des limites du moi dans l'exposition à l'abolition de soi, une expérience de l'accès à un mode supérieur de réalité ; et profane, cependant, puisque ce plan supérieur a son site tout en ce monde et n'a d'autre substance que celle des liens de la communauté politique. (…)

Cette expérience, il est essentiel de le souligner, n'est pas qu'une expérience existentielle réservée aux hommes du front et appelée à se diffuser exclusivement par le canal du témoignage des survivants. De par ses conditions d'éclosion, elle est un fait culturel, né du choc entre la persistance de la structuration religieuse des communautés politiques et l'avancement de l'individualisation. A ce titre, elle est une expérience qui parle spontanément, peu ou prou, à tous. Ce qui se joue au travers de la figure du combattant et de son sacrifice est lisible de partout dans l'espace social. (…)

On touche ici à la donnée de structure qui rend la figure du sacrifice si largement parlante et appelante pour les esprits de l'époque, bien au-delà de la mort au combat, même si celle-ci en représente l'attestation de loin la plus éclatante et la plus haute. Elle résout la tension inhérente à l'articulation du soi et de la société, lorsque le moi est devenu suffisamment puissant pour constituer le juge suprême, tout en restant suffisamment inscrit dans une communauté pour ne pouvoir se penser indépendamment d'elle, de telle sorte qu'il ne reste d'autre issue à l'individu qui veut assumer intégralement sa condition, dans le moment critique où le sort de son pays est en jeu, qu'à le prendre totalement à son compte. Il atteint alors le comble de la puissance subjective en se donnant sans réserve à sa communauté et ne faisant plus qu'un avec elle. Au lieu de n'être qu'un atome irresponsable perdu au sein de la collectivité, il devient en conscience l'agent porteur de l'existence collective. (…)

S'il est essentiel d'y voir aussi clair que possible dans les ressorts de cet investissement sacrificiel, c'est en raison des suites qu'il comportera. Il y va ni plus ni moins du terreau anthropologique à partir duquel pourront fleurir les phénomènes totalitaires. Le complexe d'attitudes qui et de convictions qui se noue ici ne se résorbera pas avec le retour de la paix. (…) Ce qui confère à la figure du sacrifice son rayonnement extraordinaire auprès des contemporains, c'est de conjoindre deux choses qui normalement s'excluent : la réalisation de la souveraineté personnelle et la soumission inconditionnelle à la communauté. Elle fournit une issue héroïque à l'antinomie, en satisfaisant simultanément aux exigences antagonistes de l'indépendance et de l'appartenance. En quoi elle vaut promesse d'un dépassement possible de la déchirure du présent entre la survivance de l'absorption religieuse dans le tout et l'avancée de la déliaison légitime des parties. Elle est typique d'une phase historique où l'individualisation l'a emporté, mais où l'incorporation n'est pas morte pour autant, de telle sorte que, si une transaction équilibrée n'est plus possible entre elles, le problème de leur conciliation continue de se poser. C'est à ce problème que le sacrifice apporte une solution, en enrôlant l'incorporation au service de l'individualisation, en érigeant le don de soi en expression suprême de la possession de soi ; c'est ce qui rend sa figure fascinante ; c'est ce qui fait de cette figure un pôle de référence pour tous et un modèle pour quelques-uns. Elle dominera l'imaginaire de l'époque tout le temps où cette configuration et ce rapport de force prévaudront." (pp. 39-46)


A l'épreuve des totalitarismes est, sinon le meilleur livre de M. Gauchet, en tout cas celui qui m'a le plus intéressé, peut-être aurez-vous l'occasion de vous en apercevoir dans les semaines à venir. Il importe toutefois de préciser que s'y pose le même problème que dans ses autres travaux, à savoir que j'ai toujours l'impression qu'il a une vision un peu sèche, en tout cas réductrice, des sociétés traditionnelles, et notamment du rapport à la loi qui y est celui des individus (au sens basique de : personnes). Je ne peux le répéter à chaque fois que je cite cet auteur, mais cette réserve ne me quitte pas, réserve plus ou moins prégnante selon le cadre dans lequel l'analyse se déploie.

En l'occurrence, ici, la thèse qu'implique la description de la figure du sacrifice me semble pertinente : en 1914 et dans les années suivantes (jusqu'en 1945, mettons), on ne peut recréer un lien avec la communauté à laquelle on est supposé appartenir qu'en acceptant de mourir pour elle (Grande guerre) ou en se dissolvant en elle (phénomènes totalitaires). Il y a comme un phénomène de compensation : les liens traditionnels se défaisant, l'individu (cette fois au sens de l'idéologie individualiste moderne) les prend en charge et, du coup, les surinvestit, leur donne même, la modernité est paradoxale ou n'est pas, plus de coloration religieuse qu'ils n'en avaient auparavant. Ce que l'on retrouve, donc, aussi bien dans l'acceptation du sacrifice - l'"assomption par le holisme" -, que dans l'ivresse de la baignade collective dans le grand Tout, Heil Hitler.

Dans le texte où je citais P. Chaunu, j'émettais l'hypothèse qu'une "ordalie victorieuse de masse" du type de 1914-1918, ou de la bataille d'Angleterre, était encore susceptible, malgré les apparences et malgré certains éléments contraires, de se produire. Il faut préciser que je n'ai aucun « souhait » en la matière, d'autant que, c'est une des thèses que j'avais alors développées, et que je maintiens, cette question du sacrifice n'est pas une question de courage des uns (les Modernes) par rapport au courage des autres (les Anciens) : ce qui veut dire qu'un nouveau sacrifice de masse ne serait pas à mes yeux une preuve de courage. Ce que d'un certain point de vue confirme l'analyse de M. Gauchet, qui renvoie la figure du sacrifice à des questions de rapport entre individualisme et holisme.

Il est donc délicat de poursuivre plus loin cette analyse, puisqu'il faudrait justement faire un long détour par les évolutions respectives de l'individualisme et du holisme depuis 1945, évolutions qui ne sont au surplus pas identiques dans des pays comme la France, l'Allemagne, les États-Unis. J'aurais simplement tendance à penser aujourd'hui que si une « ordalie » devait de nouveau se produire, elle serait , au vu des rapports de nos « concitoyens » à la notion de communauté (au sens le plus basique, le moins nostalgique…) justiciable de la fameuse sentence de Marx sur les répétitions de l'histoire : "la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce."


(Ceci posé, il y avait déjà une évidente dimension grotesque dans le nazisme. Je découvre de plus dans le livre de M. Gauchet (p. 485) que Hitler était un "dilettante", que jusqu'à la guerre il n'a pas foutu grand-chose d'autre qu'entretenir sa popularité.


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(Private joke foireuse...)

Cela ne fait jamais que prouver que c'était le peuple allemand qui faisait le travail de sacralisation, ce qui n'est pas nouveau, mais contribue à donner une teinte d'ironie noire au phénomène. En même temps, quitte à être un peu médiocre sur les bords - ce qui répétons-le fait partie de Hitler et explique pourquoi il a été difficile à combattre par ses adversaires ; toutes choses égales d'ailleurs, il y a de ça chez notre président -, Hitler n'avait pas tort de se la couler douce. Lui savait, en tout cas sentait que les autres bossaient pour lui, il aurait été bien bête de ne pas en profiter pour aller roucouler avec Eva dans les montagnes teutonnes...)


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jeudi 31 décembre 2009

La première des libertés...







Ah, les années 70... Drôles de mixtures. Mais revenons à Bernanos :

"De 1914 à 1918, les hommes de l'avant ont vécu d'honneur, ceux de l'arrière de haine. A quelques exceptions près, tout ce qui n'avait pas combattu s'est retrouvé pourri, pourri sans remède, pourri sans retour, au bout de ces quatre années sanglantes. Tous pourris, vous dis-je ! Ce ne sont pas là des paroles en l'air. Les témoignages subsistent. Je défie, je mets au défi un garçon normal d'écrire, par exemple, une thèse sur l'espèce de littérature d'où ces malheureux tiraient la substance de leur patriotisme sédentaire, sans risquer de sombrer aussitôt dans le désespoir. Mensonge et haine. Haine et mensonge. L'opinion de ce noble peuple qui s'est battu tout au long de son histoire, avec des chances diverses, s'est trouvée aux mains d'un tas de bavards plus ou moins latinisés, fils d'esclaves grecs, juifs ou génois, pour lesquels la guerre ne fut jamais qu'un pillage ou une vendetta, rien d'autre. Si mal nés que le respect de l'ennemi leur paraît un préjugé absurde, capable de démoraliser les soldats. C'est vous qui nous eussiez démoralisés, chiens ! si du moins nous avions daigné vous lire. Plût à Dieu qu'au retour nous ayons fermé à coups de trique vos bouches intarissables ! Mais vous criiez si fort, vous écumiez avec tant d'abondance, que nous nous sommes trouvés un peu honteux avec nos béquilles et nos croix, nous avons eu peur de paraître moins patriotes que vous, imposteurs. Votre énorme impudence suffirait à expliquer, sinon justifier, la timidité des anciens combattants. Quoi ! nous eussions rougi de tendre la main à n'importe quel loyal ennemi avec lequel nous avions échangé des coups, et nous prenions vos consignes, nous subissions vos louanges ! Car l'armistice ne vous a pas fait taire et la paix pas davantage. Vous aviez tellement eu peur pour vos peaux, Tartarins ! Oui, je jure que nous n'aurions pas demandé mieux, assuré le légitime prix de notre victoire, de rendre l'honneur à un peuple affamé, nous nous serions souvenus qu'il avait fait face contre tous, sacrifiant jusqu'à sa misérable enfance, élevée sans lait. Nous eussions pensé à tant de femmes allemandes, tant de femmes de soldats, mortes un jour, le sein tari, auprès d'un nouveau-né spectral, nourri d'un pain noir et gluant. Nous vous aurions dit : « Méfiez-vous, Tartarins... Nous les avons vaincus, ne les humiliez pas. Assez d'histoires de mitrailleurs enchaînés à leur pièce, de Boches conduits au feu à coups de bâton. Assez de phrases sur les barbares. Vous ne tiendrez pas soixante millions d'hommes sous la perpétuelle menace d'une occupation préventive, derrière des frontières ouvertes. » Hélas ! Ils ne cessaient d'injurier que pour suer d'épouvante. Ils criaient : Sécurité... Sécurité... d'une voix si perçante que l'Europe envieuse, déjà secrètement ennemie, feignait de se boucher les oreilles, parlait avec tristesse de nos obsessions morbides. Nous n'étions nullement obsédés, nous autres. Nous aurions donné beaucoup - même la légendaire part du combattant - pour sécher votre flux d'entrailles. Mais rien n'arrête les diarrhées séniles. Nous aurions dû prévoir qu'à mesure que se redressait l'Allemagne - un genou, puis l'autre - la suppuration de haine ne s'arrêterait pas pour autant, qu'elle allait refluer peu à peu jusqu'au coeur du pays. Les maniaques qui furent sans pitié pour l'Allemagne vaincue, exsangue, l'honorent maintenant. Ils finiront sans doute par l'aimer. Le redoutable Orient qui commençait hier encore à Sarrebruck a pris position au centre même de Paris, rue Lafayette [siège du PCF]. Que voulez-vous ? Ces vieux ont encore pris de l'âge. Ils préfèrent avoir la barbarie tout près, à une étape de chaise roulante. La défense de l'Occident se trouve ainsi grandement facilitée. La guerre entre les partis se poursuit selon les anciennes méthodes de la guerre du Droit. Sans doute, le chantage au « défaitisme » ne sert plus désormais, car le jour même où M. Mussolini a jeté son dévolu sur l'Éthiopie, clef de l'Afrique, tous les guerriers honoraires sont devenus pacifistes.


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Le chantage au « communisme » succède à l'autre. Des milliers de braves gens qui ne demanderaient pas mieux que de se rendre compte avant de rejeter définitivement de la communauté nationale une part importante du prolétariat français n'osent plus ouvrir la bouche, de peur qu'on les accuse de faiblesse envers M. Jouhaux, comme on les eut convaincus jadis de complicité avec M. Joseph Caillaux, maintenant champion sénatorial des Bons Riches." (p. 553-555).

Bernanos fait ici allusion à une campagne menée par Léon Daudet et l'Action Française durant la Grande Guerre contre Caillaux, accusé alors de rien moins que de trahison.

Dans les Grands cimetières..., ce qui suit directement est le passage que je vous ai retranscrit l'autre jour. Sautons maintenant quelques pages :

"Que de malentendus s'éclairciraient demain pourvu qu'on substituât au nom absurde de dictateurs celui de réformateurs ! La première Réforme, celle de Lénine, exécutée dans les conditions les plus défavorables, gâtée par la névrose juive, perd peu à peu de son caractère. Celle de M. Mussolini, d'abord unanimiste et sorélienne, aussi diverse d'aspect que le puissant ouvrier qui en avait poursuivi si longtemps l'image à travers les manuels élémentaires de sociologie, d'histoire, d'archéologie, toute clinquante d'une antiquité de bazar, avec son air de farce héroïque, sa gentillesse populaire, coupée d'accès de férocité, son exploitation cynique et superstitieuse d'un catholicisme d'ailleurs aussi vide et somptueux que la basilique de Saint-Pierre, n'était sans doute que la réaction d'un peuple trop sensible aux premiers symptômes de la crise imminente.



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Quelques années plus tôt, à travers des lieues et des lieues, la tempête russe ne l'avait-elle pas jeté dans les convulsions ? L'orage wagnérien qui se formait au centre de l'Europe devait exciter plus gravement encore ses nerfs. Que peut un Érasme devant Luther ? Quel homme de bon sens eût parié pour les girondins humanistes, ou même pour Danton, contre Robespierre et Saint-Just ? Le comportement de l'Italie nouvelle devant le terrible Enchanteur est exactement celui de l'inverti en face du mâle.


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Il n'est pas jusqu'à l'adoption du pas de l'oie, par exemple, qui n'évoque irrésistiblement certaines formes du mimétisme freudien. Que dire ? Lénine ou Trotsky ne furent que les prophètes juifs, les annonciateurs de la Révolution allemande, encore dans les nuées du Devenir. Mussolini lui ouvre les portes dorées de la Mer. Au roulement des camions et des tanks, toute l'enfance de l'Europe vient de mourir à Salzbourg avec l'enfant Mozart. Il n'est qu'une Réforme et qu'un Réformateur : le demi-dieu germanique, le plus grand des héros germains, dans sa petite maison des montagnes, entre sa vierge allemande, ses fleurs et ses chiens fidèles.


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Eva aime Smoke gets in your eyes...


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On ne peut mépriser la grandeur d'un tel homme, mais cette grandeur n'est pas barbare, elle est seulement impure, la source de cette grandeur est impure. Elle est née de l'humiliation allemande, de l'Allemagne avilie, décomposée, liquéfiée de 1922. Elle a le visage de la misère allemande, transfigurée par le désespoir, le visage de la débauche allemande, lorsque les innommables, les intouchables reporters des deux mondes se donnaient pour un louis le hideux plaisir de voir danser entre eux, fardés, poudrés, parfumés, jouant des hanches et le ventre vide, les fils des héros morts, tandis que M. Poincaré, le petit avoué aux entrailles d'étoupe, au coeur de cuir, faisait grossoyer les huissiers. Elle est le péché de l'Allemagne, et elle est aussi le nôtre. Sur sa face d'archange sans pardon, elle n'a pas daigné essuyer les crachats. Notre ancienne haine resplendit dans ses yeux, nos anciennes injures font à son front cette ombre ardente. Elle n'a rien oublié. Elle n'oublie rien. Ni ses crimes ni les nôtres. Son orgueil assume tout. Plût à Dieu qu'elle se fût inspirée de l'esprit de vengeance ! Il n'y a pas de vengeance assez profonde pour y enterrer le secret de sa honte passée. Elle a connu toutes les formes de l'opprobre, même la pitié. Cette force allemande, que le monde a maudite, va racheter le monde. Elle croit cette tâche immense à sa mesure, elle lui paraît mille fois moins lourde que l'oubli." (pp. 565-66)


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Textes fort riches et par certains aspects contestables, mais comme à l'accoutumée je préfère vous les livrer sans coupures, pour ne pas en freiner l'élan ni en gommer les éventuelles aspérités.


Ce que j'en retiens principalement, pour continuer notre recherche, peut-être formulé en termes hégéliens ou maussiens.

Du côté de Hegel, on dira que s'il put y avoir reconnaissance de l'ennemi sur le champ de bataille, à l'arrière et lors du Traité de Versailles il y eut au contraire déni de reconnaissance. En s'inspirant de Mauss, on dira qu'à Versailles la logique du don - contre-don (et le pardon chrétien évoqué par Bernanos n'en est pas la moindre figure) a été brisée : on a tout pris aux Allemands sans rien leur accorder. Si le « concert européen » avait été sur la même longueur d'onde lors du congrès de Vienne, les ravages provoqués dans toute l'Europe par Napoléon étant nettement supérieurs aux dégâts commis par les Allemands en 1914-1918, nous aurions eu bonne mine... Mais les vieux routiers du Congrès de Vienne savaient ne pas aller trop loin, et n'étaient pas encore bien modernes (Bismarck, déjà, en 1871, en fit trop...). Car ce qui a provoqué l'inflation anti-allemande du traité de Versailles, c'est, outre la haine mi-archaïque mi-moderne (ambiguïtés du nationalisme...) de Clemenceau envers l'Allemagne, la conjonction de deux formes de la modernité.

La première, absente du texte de Bernanos, c'est l'américanisme, l'internationalisme wilsonien, je vous apporte la bonne parole, j'ai raison, avec moi vous allez tous vous aimer, et tant pis si je ne vous connais pas, ne connais pas votre histoire - d'ailleurs l'histoire, c'est démodé, laissons-tomber et embrassons-nous Folleville.

La seconde est plus subtile, et c'est malheureusement la France qui l'a alors incarnée. Je récapitule : à certains égards, le libéralisme, dans son schéma du contrat, est une forme dégradée du don - contre-don, mais une forme tout de même, une « figure de la réciprocité ». Dans la pratique, on sait bien qu'un contrat ne peut prétendre à une certaine légitimité morale, même faible, que si les deux signataires sont de puissance à peu près égale. Ce qui n'était pas le cas en 1918. J'ai par ailleurs eu l'occasion de montrer, dans les textes sur la nature humaine et la notion de cérémonie d'une façon générale (heil Voyer !), ainsi qu'au sujet plus particulier de Nicolas Sarkozy, que, poussé jusqu'à ses limites, le libéralisme substitue au légitime besoin de sécurité une pure et simple logique animale de préservation de son être, logique de préservation qui n'a d'autre fin qu'elle-même. Cela se lit chez un des pères fondateurs, Hobbes, cela s'est retrouvé en filigrane dans l'excellent slogan de la droite après le 21 avril 2002 : « La Sécurité, première des libertés », cela se lit aussi, donc, dans le premier texte cité de Bernanos : " Ils ne cessaient d'injurier que pour suer d'épouvante. Ils criaient : Sécurité... Sécurité..." Le Traité de Versailles, de ce point de vue, c'est, en sus du virtualisme wilsonien et des travers de Clemenceau, la conjonction très moderne d'un contrat sans réciprocité et du désir de « survivre pour survivre », fût-ce aux dépens de l'existence du voisin. Ajoutons pour faire bonne mesure cette dimension de vieillesse perçue par Bernanos, qui sait très bien que tant de jeunes viennent de succomber sur les champs de bataille : le libéralisme poussé jusqu'au seul désir de survivre, c'est d'abord une histoire de vieux, et la « colonisation des jeunes (le peu qu'il en restait) par les vieux » une des façons dont cette forme du libéralisme a progressé dans les esprits au long du XXe siècle.

Vous avez maintenant les ingrédients de la tambouille, le résultat est simple et très clairement expliqué par Bernanos : l'Allemagne nazie n'est pas en quête de reconnaissance (Hegel) ou de vengeance (Mauss, la vengeance est une forme de réciprocité), parce que les signataires du traité de Versailles ne se sont eux-mêmes, fondamentalement, pas placés sur ces terrains primordiaux et ont de facto empêché l'Allemagne de le faire. L'Allemagne nazie est en mission, une mission favorisée par l'état de ses voisins, mais où elle ne regarde qu'elle-même - espace vital, volonté de domination universelle, narcissisme et jeunisme effrénés, au prix de l'élimination d' « ennemis intérieurs » ne cadrant pas avec cette « identité raciale-nationale », etc, vous connaissez la chanson.

Bref, il me semble qu'il faut modifier le regard que nous portons d'ordinaire sur ce Traité de Versailles dont tout le monde par ailleurs reconnaît la faillite : cette faillite n'est que d'un point de vue secondaire due à des sentiments archaïques de vengeance ou de nationalisme, elle est bien plus fondamentalement une faillite très moderne, on y retrouve même des composantes importantes de la modernité. Y compris d'ailleurs la nullité des personnels politiques... (Ce qui ramène à cette autre question, mais à chaque jour suffit sa peine : les grands hommes politiques de la modernité furent-ils démocrates ? Ou : jusqu'à quel point le furent-ils ?)

Meilleurs voeux !


- Oui, une petite digression pour finir : lors d'une « fantaisie », dans laquelle figurait d'ailleurs Bernanos, j'avais fait un parallèle entre la volonté de domination de Hitler et la « civilisation du cul » dénoncée par Godard. En recherchant des photos pour illustrer ce texte, je suis tombé sur des clichés d'Alessandra Mussolini, petite-fille de son grand-père, en tenue d'Ève, photos dont j'avais su puis oublié l'existence. Un totalitarisme chasse l'autre, d'une certaine manière, et je me disais en comparant ces photos


muss3


533Alessandra Mussolini(Benitos grand)

que si l'une suggère des visions nettement plus agréables que l'autre, le corps le plus profané n'est sans doute pas celui que l'on croit.

- Et voilà comment finir une année de blog sur Mussolini nu(e)... Merci et à bientôt !

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jeudi 13 avril 2006

La nostalgie camarades.

C'était quand même cool, ces émeutes.

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