mercredi 26 mars 2008

On en apprend tous les jours.

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Ainsi, je découvre que Tocqueville descendait de César Borgia. Ça vous pose un homme.


Bon, dans la mesure où je vous ai récemment conseillé l'article de Bruno Guigue qui lui a valu une célébrité instantanée, je relève quelques points :

- autant qu'il me semble, M. Guigue a bien enfreint ce que l'on appelle le devoir de réserve, et en tant qu'énarque il devait savoir qu'il le faisait ;


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- il a été suspendu de ses fonctions de sous-préfet, mais n'a pas été révoqué en tant que fonctionnaire : il a rejoint, comme le dit joliment le langage administratif, son corps d'origine. S'il était un bon sous-préfet, on est désolé pour les administrés de Saintes et de ses alentours, mais il ne s'agit pas non plus, en l'espèce d'un drame humain à vous tirer des larmes ;

- à l'heure où j'écris, sa réaction, contrairement à celle de la pleureuse Redeker, semble d'ailleurs digne et mesurée ;

- point à ma connaissance non relevé, la virulence de son article répondait à la virulence des enculistes-sionistes habituels (Finkie, Taguieff, Encel...), et peut-être est-ce la colère devant l'ignominie des arguments employés par ces punais, ces charognes, ces métastases de l'intellect, qui l'a fait tomber dans ce piège d'écrire des phrases qu'en tirant de leur contexte on pouvait aisément utiliser contre lui. On rappellera par ailleurs, avec l'UJFP, que les propos de B. Guigue restent moins violents qu'une balle ou un missile israélien. Si j'écris qu'il m'arrive de souhaiter aux délabrés sus-nommés une mort cancéreuse dans d'atroces souffrances (le vaillant général Sharon, victime d'une attaque cérébrale, n'est plus qu'un cadavre sous-perfusion depuis bientôt deux ans (combien pèse-t-il maintenant ?), on ne voit pas pourquoi les cellules et les vaisseaux sanguins des cerveaux auto-infestés par la malhonnêteté et la médiocrité intellectuelles de ces tristes sbires seraient immunisés contre la rouille, le délabrement, le travail du Crabe)

- il n'y a pas que Sharon, beaucoup sont morts d'un cancer, qui valaient mieux que lui ! Artaud lui-même, et d'un cancer de l'anus, s'il vous plaît ! Le Crabe n'a peur de rien ! Et s'il s'est attaqué à l'anus d'un des plus grands écrivains du XXe siècle, ce n'est pas la cervelle vide de Finkie qui va lui faire peur !

- On peut se demander ce qui est le plus sale, cher ami, cher démon...


si j'écris quelque chose de ce genre, disais-je donc !, ce n'est peut-être pas très gentil, mais ça ne tue personne, et c'est surtout un aveu d'impuissance par rapport à leur situation de porcs privilégiés. Pour le dire clairement : si nous ne pouvons plus utiliser la violence verbable, que nous reste-t-il ?


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Ach, tout le monde n'est pas "Gu"... Heureusement pour les flics pourris !


- revenons à Bruno Guigue : de ce que j'ai lu ces derniers jours, la meilleure analyse est celle du site de Pierre Tévanian, "Les mots sont importants". J'ai très souvent piqué des colères à la lecture des articles de ce monsieur qui participe allègrement à la "judiciarisation" de la société française et en appelle sans cesse au lynchage médiatique contre tel ou tel, mais ici, dans l'ensemble, sa position me semble équilibrée.

(Ajout le 29.03.)
L'article d'Esther Benbassa, assez critique envers Bruno Guigue, apporte des informations utiles, notamment parce que cette dame connait le sujet, mieux que B. Guigue, P. Tévanian, ou moi-même. (Fin de l'ajout.)

Cette affaire, par ailleurs, ne nous apprend bien sûr rien que nous ne sachions déjà. Mon titre ne s'appliquait donc qu'à Tocqueville (lequel descendait aussi de Saint Louis - ce qui nous (r)amène aux croisades).


Jerusalem


Si je t'oublie, Jérusalem...





P.S. 1 : Oui, j'oubliais, et cela va dans le sens du commentaire de l'excellent Kabouli : dans le compte-rendu par l'AFP de la mise au pas de B. Guigue, son supérieur hiérarchique dit que même si un fonctionnaire veut publier un ouvrage sur les vases Ming, il doit en référer à son autorité. J'en déduis d'abord que l'on peut publier des choses sur les vases Ming qui vont à l'encontre du devoir de réserve, ce qui ne semblait pas si évident, ensuite je suggère à tous les sous-préfets de France et de Navarre de publier des ouvrages extrêmement critiques sur les vases Ming, par signe de solidarité avec B. Guigue. En toute rigueur, ils devraient tous être sanctionnés. Logique, non ?

P.S.2 : un petit hommage à Muray pour finir. En faisant une recherche d'images sous le titre de « charité », je me suis aperçu, rougissant une fois de plus de mon inculture en matière d'iconographie religieuse, qu'une tradition faisait figurer ladite de charité non sans générosité :


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Vouet_Charite


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Les petits n'étant pas, fort heureusement, les seuls à y avoir droit :


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Bonne santé à tous !

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vendredi 5 octobre 2007

"Enivrement intérieur" - Rien de nouveau sous le soleil (nucléaire-enculiste).

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Etes-vous d'accord ? La crapule graisseuse Redeker fait presque sympathique, par comparaison avec les traînées qui l'entourent. Son côté amateur, ou encore un peu vierge, sans doute, par comparaison avec les traces de vérole, issues d'années de passes enchaînées sans répit ni perdre haleine, qui défigurent les sourires et les corps de ses "soutiens".



"Nous avons constaté que l'Europe et les pays où l'influence européenne domine s'étaient mis d'accord, pour l'essentiel, sur les jugements moraux : visiblement, on sait en Europe aujourd'hui ce que Socrate ne croyait pas savoir, ce que le célèbre vieux serpent avait promis d'enseigner jadis - on « sait » aujourd'hui ce qu'est le bien et le mal."

"...ces pessimistes de l'indignation par excellence [en français dans le texte] qui se donnent pour mission de sanctifier leur saleté sous le nom d'« indignation »..." (Nietzsche)


"Il n'y a (...) qu'une chose à déplorer dans l'histoire du roman : que Balzac n'ait pas eu le temps, avant la fin de sa vie, d'achever Les petits Bourgeois, donc de compléter le portrait de Théodose de la Peyrade, avocat et Tartuffe de gauche, l'hypocrite philanthrope, l'ancêtre du french doctor et du combattant de toutes les bienfaisances utiles. Théodose de la Peyrade, ce sont, dit Balzac, « quelques restes de glaise laissés par Molière au bas de sa colossale statue de Tartuffe » ; c'est « le Tartuffe de notre temps, le Tartuffe-Démocrate-Philanthrope », canaille ambitieuse, affamée de réussite ; Provençal blond - continue Balzac - capable « d'actions féroces » qui sont chez lui « le résultat d'un enivrement intérieur ». (...)


Bernard Kouchner


Théodose de la Peyrade s'incrustant chez les Thuillier (comme Tartuffe chez Orgon) et s'y faisant aimer à coup d'humanitarisme, c'est la [préfiguration] de tous les télévangélistes humanitaires passant depuis dix ans comme des lettres à la poste, s'infiltrant chez les gens sous les ailes des médias. Il n'y a qu'un drame, en somme : que la gauche, qui est le XXè siècle à elle seule, ne soit pas devenue un sujet de roman."

- Muray écrit ces lignes en 1997, donc avant la sortie de livres comme Tigre en papier ou Maos, que je n'ai pas lus et qui ont commencé à combler cette lacune - en allant directement aux formes extrêmes du "rêve degauche", ce qui peut-être limite leur portée.


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Faire suivre une évocation de la gauche au XXè siècle par une photographie de Dick Cheney, cela peut sembler paradoxal, mais, Bernard Kouchner et son évolution aidant, on voit le lien. Cheney est juste un peu moins Tartuffe, son cynisme "droitard" plus évident.

Je crois qu'il serait temps de trouver un autre terme que "sioniste" pour désigner les hommes au pouvoir en France comme aux Etats-Unis. Quoi que l'on pense du sionisme historique - qui rappelons-le ne fut pas un seul bloc -, celui-ci avait des rapports avec le judaïsme comme avec un contexte historique précis. Dans le comportement des gouvernants américains - et, par contrecoup, de l'ensemble du personnel politique américain - comme dans celui de leurs "homologues" français, le judaïsme, quel que soit la confession de tel ou tel, n'a rien à faire là, pas plus que le sionisme historique, et j'ajouterais le sionisme "tout court", peut-être, non plus : il ne reste que la jouissance du pouvoir, jouissance infantile et narcissique, "sale gosse" (Kouchner évoquant une guerre avec l'Iran comme un coup de sonde, pour voir jusqu'où il peut aller, une blague qui fait peu rire mes amis iraniens), virtualiste tendance mao - grand bond nucléaire en avant, quelle conne, cette réalité, de refuser de se plier à nos désirs... Comme souvent dans ces cas-là (c'est particulièrement visible en Israël), ceux qui n'ont pas fait la guerre sont plus matamores et sûrs d'eux-mêmes que leurs ascendants, qui, eux, l'ont faite et l'on gagnée, ceux-là profitent des sacrifices faits par ceux-ci.

"Atlantiste" ne convient pas non plus, pas parce qu'il manque alors la dimension moyen-orientale de l'affaire (les Américains pourraient lâcher Israël assez vite, s'ils le voulaient), mais parce que - influence deDefensa - on peut avoir des réserves sur l'atlantisme de quelqu'un comme Sarkozy, qui, comme ses pairs, allie curieusement jusqu'au-boutisme arrogant et capacité de changer d'avis comme de chemise - ce qui, là aussi, fait penser aux enfants.

"Virtualiste", tout simplement ? Le mot a l'avantage de respecter le flou idéologique de la volonté de puissance de ces gens, il a le défaut de faire l'impasse sur le pragmatisme qui de temps en temps tout de même les anime, avec le dynamisme exagéré qui les traverse alors - un peu comme, à l'instar du cheval qui vient de se prendre une piqûre de dopant dans les bandes dessinées et se met à cavaler dans tous les sens, un peu comme s'ils venaient de recevoir une bonne piqûre de réel et s'en agitaient encore plus.

"Enculiste", finalement ? Rappelant que l'enculeur est aussi enculé, et réciproquement (au fait, bonne bourre), qu'il y a une composante onaniste - infantile - dans tout cela, et, comme l'a voulu son créateur, que volonté de puissance et argent font bon ménage... ce concept paraît le plus adapté.

Tout ça pour ça ? En tout cas, je pense qu'il est mieux de liquider les dimensions géographiques et historiques que "sionisme" et "atlantisme" portent avec eux, et qu'"enculiste" colle plus précisément à la psychologie des gouvernants français et américains. On verra à l'usage !

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mercredi 6 décembre 2006

Jean Mineur (bis).

M.-E. Nabe, qui doit bien toucher des droits d'auteur de temps à autre, devrait me payer pour la pub que je lui fais : son dernier tract (http://marc.edouard.nabe.free.fr/etlittellniquaangot.pdf) est de nouveau une réussite. Pas besoin d'avoir lu ou non Les bienveillantes pour profiter de ce texte - un seul extrait :

"«Qui peut savoir comment nous nous serions comportés à l’époque ?» répètent en chœur les pseudo-intellos qui adorent se donner du frisson rétrospectif... Eh bien, moi je sais : très mal ! Je connais beaucoup d’antinazis d’aujourd’hui qui auraient fait d’excellents SS d’hier... Quand on assiste à tous ces débats stériles où quinze sociologues, écrivains, psychanalystes, historiens, témoins, politiques s’interrogent sur la raison qui a fait que le nazisme a pu être possible, on a envie de leur dire en faisant un tour de table : «Mais c’est à cause de vous !» Pour l’instant, on ne peut pas aller plus loin. Tout le monde sait, mais personne ne peut le dire. C’est encore trop tôt pour répondre clairement à la vraie question : «pourquoi cela s’est-il produit». Soixante ans après, on en est toujours au «comment cela a-t-il pu être possible». Le «comment» a bon dos ! Il permet à tous ceux qui bandent en secret pour le nazisme, tous les voyeurs d’Auschwitz, les refoulés de l’extermination, les amoureux de la mort, de se planquer derrière la «volonté de comprendre».

Comment les nazis s’y sont pris, c’est une discussion de chef de gare. Se fasciner pour la bureaucratie qui a permis le génocide, c’est encore rester au degré zéro de l’Histoire et de la Vérité. Travail de gratte-papiers et d’archivistes ! En ce sens, révisionnistes bornés et mémorialistes hystériques sont dans le même panier de crabes. Le «pourquoi les Allemands en sont arrivés là ?» impliquerait trop de descentes dans l’enfer des sociétés occidentales du XXe siècle (et du début du XXIe), et pourtant il faudra bien qu’on y voie clair une bonne fois pour toutes. Sans l’éclaircissement définitif de ce problème, le monde ne pourra plus avancer, car c’est de ça, et de rien d’autre, que souffrent les âmes culpabilisées ; c’est ça qui bouche l’accès au bonheur depuis 1945 : la non-réponse à cette question : «pourquoi les nazis voulaient détruire les Juifs ?» Et ça, ni Poliakoff, ni Hilberg, ni Littell aujourd’hui n’y répondent. Leur silence est si fort qu’on pourrait même rajouter un second «pourquoi ?» au premier, mais, comme chacun sait, ici il n’y a pas deux pourquoi..."


Bon, en ce qui me concerne, j'ai plutôt tendance, quand je lis ou entends le mot "bonheur", à sortir mon revolver, mais sinon...




P.S. : Je pensais avoir pu pour une fois partir en vacances sans que cela ne provoque de catastrophe. Mais R. Redeker va écrire un livre, paraît-il... Pauvre monde, pauvre monde - et quand on pense que c'est le meilleur possible... Ach, faisons contre mauvaise fortune bon coeur, et puisque, ainsi que nous le sous-entendions en introduction, nous ne sommes pas plus en fonds aujourd'hui qu'hier, appliquons la "jurisprudence Redeker" :

- je déclare donc que les intégristes musulmans sont des assassins (sans foi ni loi ?), des crapules, des lâches, des sadiques, des pédophiles, des zoophiles - des machistes, aussi, j'allais oublier -, qu'ils ne me font pas peur, que leurs tentatives pour étouffer la liberté d'expression de Robert Redeker, Clara Morgane, Ségolène Royal, tant qu'on y est, ou moi-même, est condamnée d'avance à l'échec, et qu'en plus ça ne m'étonnerait pas qu'ils soient un peu pédés sur les bords ;

- si l'un d'eux veut bien m'envoyer un mail de menaces, je transmettrai à la police, qui fera le nécessaire pour me trouver un éditeur ;

- il sera alors temps que je trouve un sujet de livre. Mais à ce moment-là j'aurais sans doute rencontré BHL, il aura bien une idée.

- en cas de best-seller, je peux reverser un pourcentage (à débattre).

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dimanche 1 octobre 2006

Géopolitique des couilles. (Ajout le 05.10.)

Je lis dans Libération qu'il n'a fallu qu'un coup de fil menaçant pour entraîner l'annulation des représentations de Idoménée à Berlin. Dommage qu'il n'y ait pas plus de metteurs en scène pour nous fourrer du Mahomet partout, s'il suffit d'un coup de fil pour tuer dans l'oeuf n'importe quel spectacle à la con, je vous fais virer en quelques semaines tous les minables suffisants qui sévissent à l'Opéra de Paris et dans le théâtre subventionné...

Je me souviens d'un commentaire après le 11 septembre : quelqu'un expliquait que de tels attentats allaient créer un effet de seuil - il allait falloir, pour les successeurs de M. Ben Laden, trouver quelque chose d'encore plus fort à chaque fois. Ce raisonnement semblait convaincant, mais ne serait-ce pas plutôt le contraire qui se produit ? Qui peut le plus peut le moins, détruire les Twin Towers et donner un coup de téléphone.

J.-P. Voyer dans sa Diatribe a bien raison : au post-modernisme artistique et à son analogue politique, le virtualisme américaniste, correspond un "Islam de synthèse", aussi flou politiquement que son adversaire, de peu d'intérêt théologique sans doute, mais qui a l'inestimable avantage de proposer un minimum de sens, fût-il seulement négatif, et d'obliger ceux qui le pratiquent à assumer leurs responsabilités (quels plus beaux planqués que MM. Cheney ou Wolfowitz ?). De surcroît, le 11 septembre était "aussi une réussite esthétique" - autre chose qu'une mise en scène "provocatrice" ou un film de Lars von Trier. Bref, même s'il s'agit donc d'une initiative isolée, dont les résultats ont dû surprendre son auteur plus que tout autre, les menaces téléphoniques contre Idoménée apparaissent, d'un point de vue global, comme un agréable contrepoint au 11 septembre.

Bref - je n'avais pas du tout prévu de vous parler de ça, je pensais seulement vous citer un passage de La mort de L.-F. Céline de Dominique de Roux (Christian Bourgois, 1966, pp. 94-95). Après avoir développé l'idée que Céline n'était pas vraiment antisémite ("Sous le vocable [de Juif], il aurait pu grouper tous les hommes, lui y compris.", p. 92), ce qui part d'une intuition juste (dans les pamphlets, en tout cas dans Bagatelles..., le terme "Juifs" a parfois un sens métaphorique, on pourrait dans certains passages le remplacer avantageusement par "les cons", "les salauds", "les profiteurs", etc.), mais est néanmoins insoutenable (il ne s'agit que de quelques passages, l'emploi du terme "Juifs" est loin d'être majoritairement métaphorique), Dominique de Roux fait le parallèle entre l'homme solitaire qu'a toujours été Céline, et un homme de parti qui lui était contemporain :

"Comme tant d'autres sbires, il aurait pu choisir le bon camp, s'accrocher à toutes les nappes et finir en nain ridicule sur le trône de l'imposture. Prenons l'exemple d'Aragon : personne ne l'a vraiment jamais condamné. Cet étrange communiste, cette variété de hyène, enfermé dans les crimes de Staline, dans son zèle d'indicateur et ses dithyrambes d'Elsa, asservi au déshonneur permanent incarne à lui seul l'abjecte caricature d'Hugo et le bâtard de Galliffet.

Céline aurait pu aussi adopter l'idéal de la Gauche d'aujourd'hui (la Droite, mieux vaut ne pas en parler !) : ce goût de l'absolutisme libertin à la Louis XV, associé à la corruption la plus jobarde."

Pas mal vu (il est vrai que Mitterrand sortait de sa première campagne présidentielle), mais le meilleur, hélas serais-je tenté de dire, tient dans cette citation d'Aragon, en note (La commune, août 1936) :

"Dans l'immense trésor de la culture humaine, ne prend-elle pas (la nouvelle constitution stalinienne) la première place au-dessus des oeuvres royales de l'imagination, au-dessus de Shakespeare, de Rimbaud, de Goethe, de Pouchkine, lettre, page resplendissante écrite avec les souffrances, les travaux et les joies de cent soixante millions d'hommes, avec le génie bolchévik, la sagesse du parti et de son chef, le camarade Staline, un philosophe selon le voeu de Marx, qui ne s'est point contenté d'analyser le monde ?"

(Ça non, il ne s'en est point contenté...) On en mangerait ! Avec le recul tout le monde voit bien qu'il y a là complicité de crime, même si Aragon n'est pas directement responsable de la politique de Staline. Et avec le recul tel ou tel zélateur de la politique américaine, tel ou tel Kouchner ou Goupil, sera lui aussi convaincu de complicité de crime. Ach, à eux aussi, avoir un peu peur de la lance du bédouin ne pourrait pas leur faire de mal.

Ce qui, via l'inénarrable Redeker

- Charlot ! Bouse ! Et il se vante d'avoir "longuement réfléchi" et d'avoir fait "beaucoup de recherches" avant de mettre ses hallucinations sur papier. Mais il aggrave son cas ! Ce genre de gars voudrait mettre de l'huile sur le feu en permanence, cracher avec dédain sur les convictions profondes de plusieurs millions de gens, parmi lesquels nombre de compatriotes, et ne jamais rien risquer. Sérieusement, qu'il éprouve quelques frayeurs est bien le moins. Et le plus : c'est tellement adapté à son cas que liquider ce monsieur serait, toute considération morale mise à part, contre-productif. Et puis, franchement, on a beau savoir que les martyrs sont des hommes avant de devenir des mythes, si l'on veut vraiment trouver un symbole tragique à la liberté d'expression, on peut peut-être trouver mieux, comme occasion, qu'un ramassis de fantasmes, et comme modèle, qu'un fonctionnaire ventru et arrogant.

ce qui, disais-je !, me fait penser à une phrase de Nabe, dans laquelle il dit en substance que l'Islam aujourd'hui est sinon le vrai catholicisme, du moins le vrai héritier spirituel du catholicisme. On ne s'aventurera pas ici à analyser un aperçu aussi ambitieux, on en suggérera une interprétation terre-à-terre : de même que les catholiques avaient à une époque plus de courage que les autres, de même les Musulmans (en l'occurrence les "Arabo-Musulmans") auraient plus de courage - et de dignité - que les "citoyens" du "monde libre". Les considérations théologiques à la Redeker ne peuvent rien contre ça. Et si cela n'autorise pas tout et ne rend pas plus intelligent qu'un autre (mais, comme disait Proust, qui était, il est vrai, supérieurement intelligent et pouvait s'autoriser un tel luxe : "Chaque jour j'attache moins de prix à l'intelligence."), c'est déjà un point de départ dont beaucoup d'entre nous peuvent être jaloux.




P.S. Cabu, après avoir fait son beurre pendant des années en prônant la détestation snob de ses concitoyens (Mon beauf ou l'incitation à la haine raciale de classe) organise une exposition à Paris. Quelqu'un a son numéro de téléphone ?



(Ajout le 05.10.)
J'ai oublié l'autre jour : la consultation rapide du CV de l'outre Redeker révèle une typique surreprésentation d'articles consacrés au négationnisme et au révisionnisme. Ah, le preux chevalier exerçant son courage sur une minorité d'excités dont les écrits sont interdits par la loi, voilà le noble combattant de la liberté d'expression qu'il nous faudrait soutenir. Sans doute a-t-il cru, habitué à l'impunité de son statut de sbire de Lanzmann aux Temps modernes, que les musulmans, au moins les musulmans français, qui sont tout de même bien gentils, seraient aussi dociles que les négationnistes à qui il est défendu de s'exprimer. On n'épiloguera pas sur cette stratégie des Temps modernes - et de L'Arche, papier hygiénique communautaire qui a aussi accueilli la prose enchanteresse et chatoyante de R. Redeker (de même que le Monde diplomatique, soit dit en passant) - d'écrire en permanence sur le négationnisme, pour convaincre tout le monde - et les négationnistes en premier - que ce sujet est d'une grande importance, que le péril négationniste nous menace à chaque instant.

C'est très bien tout ça, le malfaiteur Lanzmann aura peut-être plus de mal à trouver des larbins pour l'aider dans ses basses besognes. Si ce genre de places se met à comporter des risques, ça freinera quelques ardeurs. Tout le monde n'est pas aussi fanatique que M. Shoah, Dieu merci.

(Je le note parce que c'est l'occasion : dans Les assassins de la mémoire, Vidal-Naquet rappelle, en 1987, que la plaque commémorative à l'entrée d'Auschwitz, qui déclare un total de quatre millions de morts, est fautive, et qu'il faut ramener ce chiffre à "un bon million" - ce qui, il me semble, est déjà pas mal. Vidal-Naquet regrette à cette occasion que quelqu'un comme C. Lanzmann puisse encore, à la même date, écrire avec aplomb - dans Le Monde déjà, qui en aura vu défiler des conneries lanzmanniennes - que "les estimations les plus sérieuses tournent autour de trois millions et demi." On voudrait donner du grain à moudre aux négationnistes, y compris arabes, pour mieux les dénoncer après, que l'on ne s'y prendrait pas autrement. S'il veut du "plus sérieux", qu'il aille tâter lui-même de la lance du Bédouin, et qu'on n'en parle plus. Comme le dit un ami que je cite souvent, explicitement ou non : "Tout ce genre de conneries, ça ne vise qu'à rendre la France aussi invivable qu'Israël. Tout ce qu'ils veulent, c'est que, s'il y a le merdier en Israël, il y ait le merdier aussi ici." Cela n'est pas sans accents xénophobes - mais cela n'est pas non plus, malheureusement peut-être, et en tout cas surtout, sans accent de vérité.)

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jeudi 28 septembre 2006

Paganisme mon cul, athéisme mon cul - paradoxes du ressentiment - simplicité de mon cul.

Pierre Vidal-Naquet (Les assassins de la mémoire, pp. 163-64) :

"Entre Allemands et Juifs, de 1933 à 1945, le rapport n'avait pas été simplement de persécuteurs et de persécutés, voire de destructeurs et de détruits, comme ce fut le cas pour les Tsiganes. Ce que voulaient les nazis, et cela s'exprime parfaitement dans l'idéologie SS, c'était remplacer les Juifs dans leur fonction mythologique de peuple élu, qui depuis le temps des Lumières n'avait cessé de fasciner les nations montantes. En ce sens, on peut dire que le nazisme est une perversa imitatio [A. Besançon], une imitation perverse de l'image du peuple juif. Il fallait rompre avec Abraham, donc aussi avec Jésus, et se chercher avec les Aryens un nouveau lignage. Intellectuellement, la Nouvelle Droite d'aujourd'hui ne raisonne pas autrement." (1987)

Dans une note (p. 223), l'auteur ajoute :

"Et pas uniquement la Nouvelle Droite : tous ceux qui tirent de l'oeuvre de G. Dumézil l'idée, ou plutôt l'utopie rétrospective, que, en somme, l'humanité européenne s'est embarquée sur le mauvais bateau en devenant chrétienne, c'est-à-dire juive."

Ce qui confirme ce que j'avais cru, dans la lignée de Paul-Marie de la Gorce, pouvoir affirmer quant aux rapports d'estime, si j'ose dire, qui liaient les nazis aux juifs, par opposition au mépris pur et simple que ceux-là portaient aux nazis (cf. notamment ce texte, qu'il faudra ceci dit que je complète sous peu.) Ce qui est d'ailleurs par certains aspects une constatation de bon sens : pour être aussi tourmenté par quelqu'un ou par une communauté, il faut bien les prendre un peu au sérieux.

Ce dernier raisonnement semble avoir traversé l'esprit de René Girard, dans une remarque (Le bouc émissaire, Grasset, 1982, éd. "Poche", p. 298) à propos du Moyen Age et des Lumières. Si l'on admet - c'est une question discutée - que le Moyen Age fut au moins aussi païen que chrétien (le culte des saints "adaptant" le catholicisme aux différents paganismes polythéistes de l'époque), si l'on interprète comme une forme d'hommage l'obsession des Lumières à l'égard du catholicisme, on peut soutenir, comme le fait Girard, que le XVIIIè siècle français fut en un certain sens plus chrétien que le Moyen Age occidental. Ce qui permettrait de mieux comprendre le lien entre les Droits de l'Homme et les Evangiles. Une ruse de la raison chrétienne en quelque sorte, si peu hégélien que se proclame par ailleurs Girard.

On répondra que le juif Vidal-Naquet et le catholique Girard font de la réclame pour leur crèmerie. Ce n'est peut-être pas faux, mais, que l'on accepte ou non les diagnostics que je viens de citer (et qui seront étudiés pour eux-mêmes ultérieurement... peut-être !), on a tout intérêt à garder à l'esprit ces liens entre l'hostilité et la fascination, entre l'hostilité et l'envie, entre l'hostilité et la rivalité, entre l'hostilité et le ressentiment (ce dernier, on le sait depuis Nietzsche, étant fort lié à la démocratie ; Girard (La voix méconnue du réel, Grasset, 2002, p. 164) le qualifie de son côté, non sans nuances, d'"enfant du christianisme").

Encore un pas et l'on va tomber dans des impasses théoriques du genre "psychologie du racisme", "ce qui se passe dans la tête d'un raciste", etc. Mais ce ne sont des impasses que si l'on en part : il importe au contraire, d'un point de vue global, de s'assurer que les brillantes synthèses historiques et conceptuelles ont des répondants concrets dans les sentiments des acteurs historiques. Sinon l'on finit par tomber un jour dans ce que j'appellerai, en référence à ma note d'hier, et justement dans une optique de psychologie, le "paradoxe de Redeker" : jouer avec irresponsabilité et veulerie les chevaliers blancs de la responsabilité et du courage.



Sinon, chose promise, chose due - et en toute simplicité :

dieuxdustade17

C'est la fin de mon anonymat !

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mercredi 27 septembre 2006

Monde libre mon cul. (Ajout le 29.09.)

Lorsque l'on découvre un auteur important, il arrive que tout ce qu'on lise ou entende nous semble avoir un rapport avec cet auteur. Et parfois c'est vrai : l'article de Robert Redeker sur l'Islam, publié récemment dans le Figaro - mais indisponible sur le site du journal, pour cause de protestations, et après que le Figaro eut indiqué que ce texte avait été publié sans avoir été lu par la rédaction, ce qui revient à ajouter l'incompétence à la lâcheté -, cet article, donc, est fortement influencé me semble-t-il par René Girard (dont, message à mes lecteurs de gauche, vous n'avez pas fini d'entendre parler).

Il s'agit là d'un tissu de conneries et de sophismes, auquel je ne prendrai pas la peine de répondre. Mais comme ce qui y vient de Girard pourrait convaincre le lecteur, et sinon donner une crédibilité à M. Redeker et au reste de son texte, ce dont je ne me soucie guère, mais renforcer ou créer en lui l'idée d'une supériorité de l'Occident, il y a ici quelques ambiguïtés qui valent l'effort d'une mise au point.

"Comme jadis avec le communisme, l'Occident se retrouve sous surveillance idéologique. L'islam se présente, à l'image du défunt communisme, comme une alternative au monde occidental. À l'instar du communisme d'autrefois, l'islam, pour conquérir les esprits, joue sur une corde sensible. Il se targue d'une légitimité qui trouble la conscience occidentale, attentive à autrui : être la voix des pauvres de la planète. Hier, la voix des pauvres prétendait venir de Moscou, aujourd'hui elle viendrait de La Mecque ! Aujourd'hui à nouveau, des intellectuels incarnent cet oeil du Coran, comme ils incarnaient l'oeil de Moscou hier. Ils excommunient pour islamophobie, comme hier pour anticommunisme.

Dans l'ouverture à autrui, propre à l'Occident, se manifeste une sécularisation du christianisme, dont le fond se résume ainsi : l'autre doit toujours passer avant moi. L'Occidental, héritier du christianisme, est l'être qui met son âme à découvert. Il prend le risque de passer pour faible. (...)

Aucune des fautes de l'Église ne plonge ses racines dans l'Évangile. Jésus est non-violent. Le retour à Jésus est un recours contre les excès de l'institution ecclésiale. Le recours à Mahomet, au contraire, renforce la haine et la violence. Jésus est un maître d'amour, Mahomet un maître de haine. (...)

Au lieu d'éliminer [la] violence archaïque, à l'imitation du judaïsme et du christianisme, en la neutralisant (le judaïsme commence par le refus du sacrifice humain, c'est-à-dire l'entrée dans la civilisation, le christianisme transforme le sacrifice en eucharistie), l'islam lui confectionne un nid, où elle croîtra au chaud. Quand le judaïsme et le christianisme sont des religions dont les rites conjurent la violence, la délégitiment, l'islam est une religion qui, dans son texte sacré même, autant que dans certains de ses rites banals, exalte violence et haine."

Etant donnée la faiblesse de mes connaissances dans le domaine coranique, et bien qu'il n'apparaisse pas nettement dans ce texte que M. Redeker dispose à ce sujet d'un savoir tellement plus étendu que le mien, j'éviterai cet aspect du problème. Je laisserai aussi de côté pour aujourd'hui l'idée de "l'ouverture à autrui", et en resterai donc au coeur de la problématique "girardienne", fort présente dans le dernier paragraphe que je cite.

Pour aller vite, la pensée de R. Girard peut se résumer à trois thèses : la "théorie mimétique", superflue ici ; l'idée que les sociétés sont fondées sur un meurtre primitif et collectif réel dont la victime est ensuite divinisée (un bouc émissaire dont la mort, mettant fin à une crise de la société, apporte la paix : on croit alors que c'est la victime qui a apporté la paix et on lui en est religieusement reconnaissant) ; la vision de la Bible comme la seule religion qui ne soit pas fondée sur ce processus, mais au contraire sur, non pas sa neutralisation comme l'écrit R. Redeker, mais sa dénonciation.

A partir de quoi l'homme a le choix : reprendre le cycle traditionnel de la violence, cycle dont Girard ne nie aucunement qu'il ne soit, dans l'ensemble, et hors les périodes de crise qui débouchent sur des meurtres collectifs, parfaitement viable, ou, en suivant la Bible, rompre ce cycle, ne plus accepter le sacrifice d'une victime émissaire innocente par un lynchage qui soude la communauté. Dieu, le Dieu chrétien, ne peut faire le chemin à notre place, sauf justement à se comporter de la même façon que les dieux archaïques.

"On dit que c'est parce que l'on a fait preuve d'esprit scientifique que l'on a arrêté de brûler les sorcières, mais c'est le contraire : c'est parce que, sous l'influence de la Bible, on a arrêté de brûler les sorcières que l'on a commencé à rechercher des causes naturelles, et non plus humaines, à des phénomènes comme les pestes, les inondations, etc." : à travers ce genre d'idées (je cite très approximativement), Girard explique en quoi il peut selon lui y avoir un lien entre le christianisme et le développement particulier de l'Occident. (On objectera qu'il y eut de la science ailleurs, mais Girard répond qu'en tant que phénomène collectif de grande ampleur seul l'Occident l'a vécu, et que justement cela est dû à l'imprégnation progressive de larges parts des populations occidentales par le message biblique.)

D'autre part, Girard ne dissimule pas que si la révélation biblique lui plaît beaucoup, elle fragilise les univers hiérarchisés traditionnels - les interdits structurant ceux-ci étant selon lui des conséquences du meurtre primitif : la communauté prend des mesures, après s'être défoulée collectivement sur une victime émissaire, pour ne pas se retrouver de nouveau en situation de crise -, et que cela a pu et peut toujours avoir des conséquences terribles. Autrement dit, il renvoie une nouvelle fois à la liberté humaine. Et c'est là où R. Redeker fait, consciemment ou non, n'importe quoi. Il se peut, je n'en sais rien, que toutes les thèses de R. Girard soient justes, il se peut aussi que le Coran soit un texte essentiellement cruel et sanguinaire. Mais même en ces cas, traiter l'Occident comme un produit du christianisme, où la violence archaïque aurait été "neutralisée" (alors qu'il est juste proposé aux hommes une autre voie), est abusif et absurde. Quand bien même le christianisme vaudrait mieux que l'Islam - ce qui, à moins de considérer que toutes les religions se valent, n'est pas une idée inenvisageable, non plus bien sûr que son contraire -, nous occidentaux du XXIè siècle n'y serions strictement pour rien et n'aurions aucune raison de faire les paons de ce point de vue. On ne peut pas à la fois se gargariser de la liberté que nous aurait proposée le christianisme (ce qui j'y insiste est la suite logique de la thèse girardienne implicitement reprise dans le texte qui nous occupe) et suggérer que nous soyions meilleurs que les autres grâce au christianisme : à chaque individu le chemin reste à faire - et, certains, comme Robert Redeker, semblent avoir devant eux une belle marge de progression. Il est amusant de voir à quel point une formule du genre "pas de liberté sans responsabilité", que des gens comme MM. Redeker, Finkielkraut ou Taguieff peuvent appliquer, sans vergogne ni sans non plus nécessairement manquer d'à-propos, à des problématiques aussi diverses que les émeutes de banlieue ou le mariage gay, est susceptible se dissoudre d'elle-même lorsqu'il s'agit de s'abriter derrière un passé supposé glorieux.

Pour ce qui est de l'Islam, évidemment, et tout en restant dans le cadre que nous nous sommes fixés, la perspective essentialiste de M. Redeker saute aux yeux. L'idée que cette religion ait pu évoluer, par ses propres contradictions ou au contact du judaïsme et du christianisme, semble ne pas l'avoir frappé. Ach, n'épiloguons pas là-dessus.

Contentons-nous d'ajouter pour finir, en attendant d'autres aventures, que les considérations développées ici n'empêchent pas René Girard d'être parfois fort sévère avec le monde occidental - et notamment avec des abominations du genre de "Paris-plage", où M. Redeker doit bien être le seul à apercevoir la "beauté".



(Ajout le 29.09.)
J'ai été bien gentil avec M. Redeker, qui n'a vraiment pas inventé la poudre, mais là n'est pas le sujet : un ami me fait remarquer que l'argument de l'ignorance, utilisé par le Figaro, avait déjà été utilisé par l'éditeur P.OL. lors de ce qu'il est convenu d'appeler "l'affaire Camus". Nos éditeurs et maisons de presse préfèrent passer pour nuls et incompétents qu'islamophobes ou antisémites. Drôle de conception tout de même de l'orgueil professionnel - quand il suffit de dire que "ce n'est pas parce qu'on publie quelqu'un qu'on le cautionne blabla..." On ne s'étonnera pas que ces gens-là passent pour des charlots.

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